Sur Philotropes, Julien Dutant invite tous les monothéistes à contribuer aux progrès de la philosophie morale par un questionnaire portant soit disant sur la psychologie morale. Le questionnaire à télécharger, dont l’auteur est un maîtrisard, se trouve ici. Attention, c’est un “point doc”, c’est à dire un format propriétaire susceptible de porter tous les macro-virus possibles.
Le virus principal se situe dans la rédaction des questions. Manifestement, l’auteur, Florian Cova, s’il a enquêté pour l’établir, il l’a fait dans dans le Bible Belt dans une zone située entre deux pompes à essence distantes d e140 km ! Plutôt que contribuer à l’avancement de la science, le questionnaire renseigne sur les préjugés entretenu par rédacteur sur les “croyants“.
Dans un premier temps, il n’a pas compris que son questionnaire ne s’adresse qu’aux chrétiens au lieu d’être un questionnaire de portée générale. Il s’adresse à une petite partie des chrétiens, celle qui se représente Dieu comme le vieillard barbu popularisé par le dessinateur Eiffel, assis au bord de son nuage et soufflant à chacun ce qu’il doit faire. D’autre part, Florian Cova développe une idée de la morale centrée sur l’obéissance que tous les christianismes ne tiennent pas pour une vertu. Il pourrait au moins se renseigner sur les représentations du divin depuis…. le 18ème siècle ! Tiens, un bouquin qui pourrait l’aider , puisqu’il s’intéresse au christianisme, Thomas pris de doute, de John B. Cobb, chez Van Dieren, 1999.
Ce qui manque à la psychologie quantitative, c’est … la psychologie clinique ou, à défaut, tout ce qui pourrait se nommer “le terrain”. Pusqu’il est suisse, qu’on l’envoie donc 3 mois comme assistant de paroisse à la Duchère, dans la banlieue de Lyon ; il y rencontrera des hommes et des femmes de tous horizons. Et s’il leur donne le sentiment de ficher de leur g… comme c’est le cas dans son questionnaire, pas de doute qu’il lui feront savoir.
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Je comprens votre colère, mais elle me semble injustifiée. L’un des buts de ce questionnaire est de vérifier une intuition selon laquelle justement le croyant ne se contente pas d’obéir à Dieu et le rapport parole de Dieu / croyant est d’une autre nature, même s’il le fait de manière détournée.
D’ailleurs, cette étude a pour but de généraliser les résultats obtenus sur les croyants aux autres hommes… comme quoi je ne les considère pas comme une bande d’abrutis à part. Je ne m’intéresse pas au christianisme en particulier mais aux intuitions morales en général.
Au passage, j’ai déjà reçu des réponses de catholiques qui ne semblaient pas outre mesure choqués par ce questionnaire.
A la limite, je peux comprendre que vous regrettiez le fait que ce questionnaire “transpire” certains préjugés… mais pourquoi ne pas y répondre pour y mettre fin ?
Oh non, ce n’est pas fair-play! Pourquoi relayer le questionnaire si c’est pour dire qu’y répondre est une insulte aux croyants? Franchement ce n’est pas fondé du tout. Florian a élaboré le questionnaire avec un catholique qui ne l’a pas trouvé choquant du tout.
Prenons quelques exemples.
(4) S’il l’avait voulu, Dieu aurait-il pu faire que les lapins n’existent pas ?
Je suppose que la majorité des croyants des grandes religions monothéistes répondraient oui. C’est une des formulations du fait que la création doit d’une manière ou du autre son existence à Dieu, y compris les lapins. En quoi est-ce que répondre oui (ou non) à cette question suppose-t-il l’adhésion au fondamentalisme chrétien de la Bible Belt?
(7) S’il l’avait voulu, Dieu aurait-il pu faire que « 1 + 1 = 3 » plutôt que « 1 + 1 = 2 » ?
Là il me semble que c’est une question intéressante et difficile. C’est une question que, par ex, Descartes se pose dans les Meditations Metaphysiques. Je ne vois pas en quoi un croyant qui y répondrait par oui ou par non serait obligé d’adhérer au fondamentalisme chrétien de la Bible Belt.
(17)Dieu vous apparaît. Il se trouve justement que vous étiez sur le point de commettre une action que vous jugez bonne moralement mais qu’il juge mauvaise. Etant donné qu’il est omniscient et ne ment jamais, allez-vous, sur sa simple parole, changer d’avis (tout en sachant qu’il ne vous punira pas si vous allez contre le sien) ?
J’imagine que ce sont ces questions qui sont à l’origine de vos sarcasmes sur la représentation de Dieu en vieillard barbu. Les trois grands monothéismes acceptent que, d’une manière ou d’une autre, Dieu est apparu à Moïse sur le mont Sinaï. Je ne vois pas ce qu’il y aurait de ridicule à *imaginer* une telle chose. Dieu peut apparaître en rêve, sous forme d’illumination etc.
D’autre part, la question est là aussi intéressante est difficile. Je ne préfère pas la commenter en détail pour ne pas influencer ceux qui rempliraient le questionnaire, mais je vous fais simplement remarquer que dans cette question, Dieu ne donne pas d’ordre. Je ne vois donc pas en quoi répondre à cette question (et que ce soit par oui ou par non) supposerait qu’on adhère à une conception de la croyance comme obéissance qui ne vaudrait que pour les fondamentalistes de la Bible Belt.
Bref, le questionnaire me semble ouvert. (S’il ne l’est pas, je serais interessé de savoir quelles questions vous poseriez à la place.) Mais il me semble que le problème est au fond un problème de méfiance. Vous écrivez: “Florian Cova développe une idée de la morale centrée sur l’obéissance”. Mais comment cela? Je veux dire, c’est juste un *questionnaire*. Les gens peuvent répondre par oui *ou par non*. Par exemple, je ne vois pas ce qui vous interdit d’envisager que les réponses montrent précisément que les gens interrogés n’ont PAS une idée de la morale centrée sur l’obéissance, ou que la moitié l’ont, l’autre non, etc.
J’ai l’impression qu’en fait, vous avez essayé de deviner quel était le BUT de questionnaire, et que, ayant un a apriori négatif sur mes idées à propos de la religion, et par association sur celles de Florian, vous soupçonnez qu’il cherche à prouver que les croyants adoptent telle ou telle conception religieuse, qui serait conforme à nos préjugés simplistes. Franchement, c’est une erreur! Par ex, pour autant que je sache, la question de l’obéissance n’a RIEN A VOIR avec ce que teste Florian!
Je ne peux que vous enjoindre à laisser les préjugés (sur nous) de côté, répondre sincèrement aux questionnaire, dont les questions me paraissent en elle-même intéressantes pour un croyant, et attendre de voir les résultats. A ce moment-là, Florian proposera peut-être une hypothèses, mais il pourra y en avoir d’autres, ou on pourra dire qu’ils ne sont pas significatifs, etc.
J’ai malencontreusement perdu votre commentaire où vous disiez que Florian Cova avait élaboré son questionnaire avec “un catholique”. Comme il présentait d’autres objections interessantes mais malheureusement infondées, j’apprécierais que vous le repassiez.
Sur le fait que le questionnaire ait été élaboré avec “1 (=UN) catholique”, on appréciera la scientificité du procédé d’élaboration. Si le questionnaire s’adresse à tous les monothéistes, vous voudrez bien m’expliquer en quoi le modèle catholique est “universel” ou mieux “archétypique” et peut s’étendre à tous les monothéistes ?
Tout au plus peut-il s’étendre aux monothéistes évangélicalistes du Bible Belt ?
Je vous rappelle que le catholicisme est certes un monothéisme mais quelque peu aménagé en “trithéisme virtuel”. Comment pouvez vous prétendre analyser la conception du bien et du mal de celui qui est strictement monotheiste, ou de celui qui, comme l’hindouiste est monothéiste encore plus pluriel que le catholique ?
Pour étudier la formation de la loi morale dans son intégration à la morale individuelle (psychologie, avez vous dit ?), il aurait été préférable d’étudier ce que disent lesdits monothéismes de la loi morale et de la loi en général.
Là encore, c’est le travail en amont qui n’est pas fait. Florian Cova pratique comme Onfray dans le “précis d’athéologie”. A partir de son expérience du catholicisme, Onfray bâtit un modèle critique qu’il projette sur les autres monothéismes dont il est manifeste qu’il ne connaît que ce qu’en dit la TV.
Dans le questionnaire, à partir de l’expérience de son catholique, Florian Cova crée un modèle qu’il projette sur tous les monothéismes.
En cela, il se moque du monde donnant à l’expérience (non négligeable mais tout de même plus que partielle) d’un homme une validité universelle.
Voci le commentaire de Julien Dutant que j’avais perdu. Mes excuses pour la fausse manoeuvre :
Fair-play ? Voilà un jugement moral que mon propos qui ne me semble pas fondé du tout. D’abord, je n’ai pas dit ceci : “y répondre est une insulte aux croyants”. J’ai dit que ” le questionnaire de Florian Cova se fichait de la g… des croyants”. Personnellement, je trouve cela différent, pas vous ?
Sur la question de l’universalité du modèle catholique, j’ai déjà répondu. La méthode d’élaboration du questionnaire se fiche du monde quand elle prétend “faire avancer la science”.
Julien Dutant a écrit
Donc, tous les croyants sont créationnistes ou partisans du Dessein Intelligent. C’est un préjugé Bible Belt que vous développez là (en gras). Ceci dit, en parlant de “Bible Belt“, je caractérisais le questionnaire par une métaphore que je voulais humoristique. Si vous faîtes de l’ironie sur les croyants, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais vous retourner la politesse ? Ou bien serait-ce …. un blasphème ?
Le fait que Descartes se la pose en un temps où la réflexion sur les bases du calcul arithmétique sont ce qu’elles sont et donc, où le travail sur les autres bases que la base 10 n’a pas encore été fait, ne transforme pas une question qui prend le croyant pour un stupide en question “intelligente” ni même difficile.
Quelques croyants ont une éducation mathématique et savent parfaitement que la base 10 (qui est le seul cas où 1+1 font 2) n’est pas la seule base possible.
Quelques croyants ont une éducation en histoire des sciences en sorte qu’ils savent que la base 12 et la base 60 ont été largement utilisées, que la notation de la durée en témoigne.
En sorte que considérer “1+1=2″ comme une vérité indubitable crée par Dieu prend le croyant pour un imbécile (expression qui n’est pas équivalente à “fondamentaliste du Bible Belt). Elle témoigne que le catholique témoin “théologue (sic) à ses heures” est un littéraire dont le monde de références scientifiques ne saurait être étendu à tous les monothéistes.
L’expérimentateur n’a pas corrigé. Cela m’interroge sur l’éducation mathématique donnée dans les classes de psychologie quantitative ??? Toujours est-il qu’il se fiche du monde et que vous, traitant la question de “difficile” avec l’argument d’autorité de l’invocation de Descartes témoignez qu’en math, vous n’êtes pas plus avancé qu’en affaires pharmaceutiques. Ce n’est pas une tare personnelle mais cela justifie que je considère que votre questionnaire se fiche du monde.
Vous pouvez l’affirmer (à partir d’un questionnaire à questions fermées, c’est assez osé, tout de même ?) mais je viens de exposer en quoi qu’il n’en est rien. Je peux développer si vous voulez ?
Les questions dont vous donnez l’exemple ne portent pas sur le Bien et le Mal comme le prétend votre annonce du questionnaire mais sur la croyance en matière de “création”. Grosso modo, elles interrogent sur un passage du credo qui dit “créateur des choses visibles et invisibles”. C’est donc une tromperie sur la marchandise, ce qui me fonde à douter de votre compréhension de “fair-play” pour me l’appliquer.
Dès que le questionnaire parlera du Bien et du Mal comme vous le prétendez, Je pourrais vous parler de la morale indépendante en Europe, par exemple ? Enfin, si cela vous amuse, car je ne voudrais pas gaver.
Je ne vais pas faire votre boulot ? Je ne suis pas philosophe, moi
) ni diplômé de psychologie quantitative !
Bon, vous tentez de transformer mon commentaire “ad rem” en préjugé “ad personnas”. En outre, vous supposez que je fonctionne par “contamination” (le fait que le questionnaire de Florian Cova soit popularisé sur votre site lui transfèrerait par osmose les caractéristiques, fausses, cela va de soit, que je vous attribue)
Or, j’ai le regret de vous faire remarquer que vous spéculez sans fournir le moindre fondement à mes supposés préjugés.
Dans mes réserves sur “la religion est-elle testable ?” je fais remarquer qu’il ne s’agit ni de tester des affirmations théologiques, ni de tester “les religions” mais seulement, dans le cadre limité de l’étude qui vous sert d’exemple, de tester l’effet d’annonce sur les patients du fait d’une méthodologie non standard pour que l’étude porte effectivement sur l’objet qu’elle prétend tester. A votre décharge, je constate (avec regret) que vous n’avez pas les connaissances techniques qui vous permettraient de dire si l’étude est sérieuse ou non.
La méfiance porte donc plus sur vos connaissances en matière d’affaires pharmaceutiques que sur vos préjugés à l’endroit de la religion. Encore que, vous m’ayez fourni en toutes lettres, celui concernant l’exclusivisme.
Dans ma critique du questionnaire, je conteste la méthodologie utilisée pour le construire transparente dans la rédaction des questions. Elle montre une insuffisante connaissance du “fait religieux” au moins pour en “mesurer” quelque chose. Il n’y a donc aucune contamination magique dans ma critique.J’observe toutefois que le fait religieux est le seul domaine où il n’est pas nécessaire d’en connaître quelque chose pour prétendre emettre des hypothèses valides dessus.
C’est que vous n’avez pas assez lu le questionnaire. Relisez : “si Dieu vous apparaît et vous dit” n’est-ce pas là une figure de l’autorité ? Et la réponse par oui ou par non à l’expression de l’autorité ne teste-t-elle pas l’obéissance ?Si le questionnaire a été validé par un catholique, le doute n’est pas possible sur ce point
AMHA, le questionnaire étant mal bâti et ne pouvant s’appliquer “à tous les monothéistes” je le trouve sans aucun intérêt pour un “croyant” (décidément, vous devriez vous documenter en sorte d’être capable de distinguer le croyant et le fidèle, cela vous aiderait à re-concevoir le questionnaire)
Je ne vois aucune raison d’abandonner mon esprit critique à l’endroit de ce questionnaire. Le coup de l’apparition, entre autres, est à encadrer !
vous voulez que j’attende que l’autorité ait statué ?
Cela fait un bout de temps que vous me servez diverses formes d’autorités auxquelles je devrais me ranger, n’est-il pas ?
Pour le moment, je ne vois pas comment Florian pourrait proposer une hypothèse interessante à partir des réponses vu les lacunes ayant présidé à la confection du questionnaire.
Le questionnaire sélectionne les croyants conformes aux religions d’autorité. Florian Cova n’a rien vu à ajouter en sorte de tenir compte d’autres modèles de “croyants”. Le questionnaire se fiche donc de la g… des autres modèles d’hommes et de femmes de foi.
Cette critique serait intéressante si celui qui la formulait savait faire la différence entre les caractères mathématiques et ce que désignent ces caractères (le nombre lui-même). Vous avez beau compter dans une autre base, disons en base 2, quand vous écrivez 1+1 = 10, le chiffre 10 s’applique au même nombre de doigts quand vous comptez sur vos mains que le chiffre 2 de la base 10. Faut pas tout confondre.
On peut par contre faire une objection sur la forme de la question et dire que les gens qui connaissent leurs bases pourraient comprendre que la question porte sur les caractères et pas sur ce qu’ils désignent. Mais… même, je ne connais pas de bases simples où 1+1=3.
Dans le même ordre idée, il aurait fallu faire la même objection à la question suivante en disant qu’il existe des géométries où la somme des angles d’un triangle n’est pas égale à 180°. Là, je n’aurais su quoi répondre…
Et effectivement, pour l’instant, “1+1=3″ résiste beaucoup mieux à Dieu que la somme des angles.
Encore un commentaire approuvé qui ne paraît pas dans la liste des commentaires. Je le repique donc
Où donc avez-vous vu ma “colère” ? Pouvez-vous vous abstenir de spéculer sur les sentiments d’autrui ? Je suis critique ce qui me semble différent. Je tente de justifier mes critiques.
Décidement, vos intuitions sur autrui sont pour le moins problématiques, ne trouvez-vous pas ?
Peut-être gagneriez vous à vous mettre d’accord avec Julien Dutant ? Il me disait que votre questionnaire ne traitait pas d’obéissance.
AMHA, l’anthropologie a montré que la morale sociale s’enracine dans le domaine religieux depuis 100 ans au moins.
Oui, j’ai remarqué votre grande aptitude à la généralisation
. Mais les débats sur la “morale indépendante” (Ferdinand Buisson, Aristide Elie Astruc) ont montré in vivo au début du 20ème siècle que c’était le cas.
La rédaction de vos questions et l’exigence d’une réponse par oui ou par non prend votre public pour des abrutis. Astruc et Buisson, si j’en crois la revue “Problèmes d’histoire des religions“, une publication de l’ULB (Université Libre de Bruxelles) n’en avaient pas besoin pour parvenir à concevoir que la morale a une racine religieuse en dépit du fait qu’ils s’efforçaient de séparer l’un de l’autre. Je en parviens pas à me souvenir si c’est dans “Pluralismes et laïcités” ou dans “l’Intelligentsia européenne en mutation”.
Après l’idée que votre méthodologie n’est pas terrible, j’ai le sentiment que vous voulez inventer le fil à couper le beurre alors que d’autres ont déjà le brevet.
C’est pourquoi la validation du questionnaire par un catholique me semble une méthodologie de validation au moins insuffisante.
Cela ne m’étonne pas.
Vu la méthode de validation.
Parce que sa rédaction suppose une image du dieu (D., Dieu, etc..) qui ne me permet pas d’y répondre. Je dirais que je suis athée de ce dieu là. La partie du questionnaire destiné aux athées et agnostiques les conçoit en “négatif” (sens photographique) des croyants à ce dieu-là, en sorte que je ne peux pas répondre non plus.
Je ne suis donc pas concerné par votre questionnaire. Pourtant, je m’imaginais monothéiste. Je pense n’être pas le seul dans le cas. Les réponses par oui ou par non m’empêchent de donner un point de vue quelconque.
Les items moraux questionnés sont caricaturaux et ferment toute autre approche que la votre. La question du respect de la vie qui domine votre questionnaire quand il évoque le Bien et le Mal est plus complexe que vos questions.
La encore, suggérant que je confonds le chiffre et le nombre, vous spéculez. En revanche, votre réponse ne la fait pas. L’usage d’une base binaire est inventé vers 1880 à un moment où on distingue bien la numération du calcul.
En revanche, parler de question “difficile” avec la référence à Descartes suppose que le croyant n’a pas idée du développement depuis Descartes.
Telle est mon objection, mais votre remarque renvoie au calcul.
Mes objections portent généralement sur la forme de la question ; quelques unes induisent une réponse et quelques autres montrent que vous n’avez pas fait le tour de la documentation existante avant de poser la question.
Je ne vois pas bien comment. Certains croyants affirment que 1=3.
Ben oui… Mon questionnaire ne traite pas de l’obéissance. Il traite du rapport que nous entretenons avec l’existence de vérités morales. Il reste juste que si mon hypothèse est la bonne, on peut postuler un autre rapport entre religion et morale que celui de l’obéissance. Donc, en creux, et indirectement, il peut apporter quelque chose sur la question de l’obéissance, même si le souci premier n’a effectivement rien à voir avec l’obéissance à Dieu ou pas.
Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant…
C’est gentil de citer des personnes individuelles qui ont su concilier “morale indépendante” et religion, mais :
1) Ca ne m’apporte pas grand chose vu que vous ne savez pas ce que je veux tester,
2) Un test a l’avantage de pouvoir tester quelque chose à l’échelle d’une certaine population. Sans cela, on peut encore plus difficilement généralisé à partir des quelques cas que vous citez. On trouve bien des hommes qui ont le coeur à droite, sans que cela ne change grand chose aux planches des livres d’anatomie…
Je trouve que vous généralisez aussi beaucoup. J’ai de plus en plus de réponses de croyants qui ne s’offusquent pas outre mesure. Vous semblez prendre votre cas (se sentir insulté par ce questionnaire) pour une généralité.
“Je ne vois pas bien comment. Certains croyants affirment que 1=3.”
En dehors de la boutade (très amusante, cela dit), je trouve que vous faites très dans l’a prioro. Moi, j’affirme cela sur la base des résultats que j’ai déjà obtenu.
Même type d’objections sur la méthode Le ven 18.05.07 à 16:02, par Lawrence Kohlberg sur le blogue de Julien Dutant, où elle dit :
Elle s’exprime aussi sur les questions fermées et sur les apparitions qui, pour Florian COVA, vont de soi dans tous les monothéismes
autre remarque de la même intervenante sur les “questions qui craignent”
évidemment, elle donne les textes philosophiques qui vont bien pour exposer ses critiques ; elle obtient donc des réponses qui vont un peu plus loin que la défense et illustration. On ne lui parle donc pas de “colère“.
)
Voulez-vous bien préciser où sont mes a priori? Pour le moment, vous êtes dans l’affirmation pure.
Je prends acte que vous reconnaissez que la formulation de la question sur “1+1=2″ repose sur l’usage exclusif de la base 10 et ne saurait être considérée comme une vérité morale incontestée.
Un peu acrobatique le rétablissement, non ?
Qu’il y en ait ou qu’il n’y en ait pas, c’est bien la question. Le parti pris (du fait des questions à réponse binaire) est qu’il y en a.
Donc, votre questionnaire traite bien de l’obéissance.
Je résume d’un point de vue logique : que l’instance de l’objet (sens informatique) soit vide ou soit pleine, l’objet testé est bien l’obéissance.
Je comprends que vos idées ne soient pas très claires pour l’instant.
J’ai un peu de mal à considérer deux courants de pensée dont je cite les leaders comme des personnes individuelles. Mais je vois que vous, cela ne vous gène pas.
En outre, je n’ai jamais dit qu’elles avaient “réussi à concilier“.
Accepteriez vous de répondre à ce que j’écris vraiment plutôt qu’a ce que vous croyez que j’écris ? Si je vous envoie vers une revue qui en traite, c’est parce qu’ elle expose une problématique et non une solution.
Certes, mais je vois comment vous testez !
C’est pourquoi leur problématique pourrait vous interesser “dans l’intérêt de la science”.
Oh ? sur l’internet, la méthode des quota ne risque pas d’être respectée. Ce qui limite la validité du panel répondant à votre test.
Certes, mais vous poursuivez sur le pré-jugé qu’il s’agit de “quelques cas individuels” alors que donnant le nom de 2 penseurs s’exprimant en français, je désigne le tout par une partie, ce qui est une figure du discours. Enfin, il me semble ?
L’analogie que vous faîtes suppose que vous n’avez pas compris la synecdocque
Certes : si vous prenez deux penseurs pour le cardinal des membres du courant et si vous avez compris qu’ils avaient des solutions, vous pouvez l’affirmer.
Mais cela fait beaucoup de “si” qui conduisent à conclure sur des propos que je n’ai pas tenus.
Normal, votre questionnaire sélectionne les croyants qui ne peuvent s’en offusquer.
1- Là, vous employez un stratagème répertorié par Schopenhauer. Vous affirmez que je prend mon cas pour parangon alors que votre collègue philosophe vous fait la même objection que la mienne : que votre questionnaire véhicule une image de Dieu qui ne convient pas à tous les croyants.
2- je ne me sens ni offusqué ni “insulté par ce questionnaire”. je dis que le questionnaire se fiche de la g… des “croyants” (sur le mot, il y a beaucoup à dire) et j’entends par là qu’il se veut “scientifique” (ce que vous affirmez par “tester une population” alors que sa conception repose sur des idées toutes faites sur “la croyance” faute d’enquête préalable convenable. Donc, vous répondez à un homme de paille plus facile à contrer qu’à mes véritables objections. De même, vous m’avez inventé une colère, il y a quelques messages, ce qui suppose une maintenance nécessaire de votre intuition.
Si il avait voulu Dieu aurait… Rien que cet affirmation ne tient pas parce que vous prétez à l’existence une condition… J’ai souvent rêvé avec plein de rêves bizarrres et ben je suis pas plus avancé puis si la chose était, elle serait et ne serait plus conditionelle… Dans la sagesse de ma famille, il y avait un vieil oncle qui disait que si ma tante en avait ben, on l’appellerait mon oncle… vos “si” sont aussi enfantins que des gamins tous pussants qui disent, je serais un super héro et toi tu serais un super méchant mais avec l’âge les “si” disparaissent pour essayer de comprendre ce monde
Franchement, rien qu’à lire les 3 questions citées par Julien Dutand, je me suis fait en gros les mêmes remarques que celles du Pharisien et de Bruno Q.
Et si vous voulez élaborer sur la philosophie et l’abstraction des nombres, plutôt que Descartes je vous suggère de lorgner du côté de la Kabbale. Ca me paraît plus intéressant et plus ouvert que des questions qui tournent en rond dans un système préétabli, ceci dit sans colère, ni haine ni quoi que ce soit de négatif
La kabbale ne serait pas un système pré-établi ? Expliquez moi cela ?
Même si je suis farouchement mécréant (j’ai bien dit mécréant, pas incroyant, athée, ou tout ça…), je suis d’accord avec l’auteur de ce post rageur contre les questionnaires oiseux de “psychologie morale” de Dutant et consorts… Qu’ils se questionnent d’abord eux-mêmes sur cette pulsion d’éjection du symbolisme. Le croyant a affaire à des symboles, pas à des énoncés dont il faut déterminer la validité… Mais allez expliquer cela à un lecteur de (Saul) Kripke et de (David) Lewis…