Christianismes Orientaux

Une émission “C’dans l’air” sur France 5, le 24 mars 2008, évoquait les représailles dont sont victimes les chrétiens d’Irak depuis la chute de Saddam Hussein.

Antoine Sfeir, rédacteur en chef des “cahiers de l’Orient“, soulignait que les chrétiens
passent pour allochtones dans les pays où le christianisme est né. Il insistait sur le fait que ce caractère de
croisé“, qui leur est affecté par les islamistes de tout poil, date de l’arrivée des missionnaires
évangélicalistes qui peuvent être américains ou coréens, et qui pratiquent des campagnes de rice
conversion
. De tous temps, les missionnaires arrivent dans les fourgons des militaires.

Plaisamment, le résumé de l’émission déclare sans rire de l’Irak “pays ou le catholicisme existait depuis le premier siècle” alors qu’au premier siècle, le catholicisme, compris dans le sens commun
comme un équivalent de christianisme et plus précisément de nos jours comme christianisme d’occident, n’existe pas encore. En effet, les christianismes orientaux sont tout autre chose que les christianismes occidentaux en dépit des églises uniates qui compliquent le tableau.

Voici donc toute une problématique soulevée en quelques phrases qui justifie de se renseigner sur les
christianismes orientaux.
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wikipédia devient inutile

Que faire quand le moteur google indique pour toute requête l’adresse d’un site bourré d’erreurs objectives, matérielles, concrètes ? Réagir !

Deux réactions d’éditeurs à comité de lecture réagissent :

  • Larousse lance un site d’encyclopédie en ligne avec un aspect participatif. L’achat d’un petit Larousse illustré 2008 vous donne un numéro de contributeur pour travailler non pas sur mais en complément de l’encyclopédie Larousse en ligne. Pour l’instant, l’espace contributeur présente sa version bêta et elle est encore confidentielle.
  • L’encyclopedia britannica offre un accès gratuit pour les blogeurs et les webmestres.

Voici des initiatives qui renvoie wikipédia à ce qu’elle est :
* un monceau d’erreurs méthodologiques . Comparer par exemple, ces deux versions de l’article “Quêtes du Jésus historique” : l’un confond un aperçu méthodologique avec une conclusion tandis que l’autre tente d’être un cours d’histoire. Voici qui dégonfle le mythe que plus nombreux sont les intervenants sur un article, plus il s’améliore.
* un monceau d’erreurs factuelles jamais corrigées . Voir par exemple ce paragraphe de contexte historique recopié sans vérification d’un article (Eglises uniates) dans l’autre (Rôle de l’Eglise romaine dans l’Oecuménisme). D’une part, le rédacteurde “églises uniates” n’a pas compris que les expressions “église des deux conciles” et “église des trois conciles” ont des implications doctrinales et l’autre dans un be élan apologétique recopie. D’autre part, ce paragraphe contient une erreur factuelle sur le contenu d’un évnèment et d’une date jamais corrigés malgré l’intervention d’une bonne douzaine de rédacteurs depuis la mise en place fin janvier 2008. Il est impossible de la corriger car tout intervenant connaissant la question est accusé de faux-nez et bloqué.
* un lieu d’apprentissage du fascisme ordinaire : la construction de mythes diffamatoires (autre mythe diffamatoire, celui-ci inventé par Ludovic Rivallain pour lequel donner cette information qu’un auteur n’est pas philologue est une attque à a personne !!!! ) y tient lieu d’arguments
, des adminstrateurs (sic) demandent un robot spécifique pour exclure tel contributeur dont l’expertise les défrise.

Pensons au gamin qui recopie wikipédia pour garnir un devoir d’histoire !!! Hélàs ! Jusqu’ici, les sujets politiques et religieux étaient des domaines sensibles ; voici que le domaine de la lutte s’étend mainteant aux pigeons ! Mais le vrai pigeon est celui qui fait des dons à Wikipédia.

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la procession du Saint-Esprit change de sens et peut-être même de direction.

Une omission qui est peut être tout autant un acte politique que théologique, n’a été relevée par personne ou presque en ces temps de discussion autour de “Dominus Jesus”, une déclaration bien politique car sur le plan théologique, elle n’apporte rien qu’on ne connaisse déjà de la ligne la plus traditionnelle de l’ECAR [1].

C’est que le pape, lors d’une cérémonie officielle, aux JMJ de Rome, avait prononcé le symbole des apôtres sans le “filioque“. Quelques autres ont relevé l’absence de ce “filioque” dans le texte dudit symbole, le jour de sa publication et les quelques jours qui suivirent, texte qui ouvre la déclaration “Dominus Jesus“. D’autre part, on note le grand silence des églises orthodoxes, qui sont reconnues comme des églises (au contraire des tribus inorganisées et quasi sauvages, du protestantisme). Seul Olivier Clément s’est écrié “Blasphème !”. .

Plus avant dans le texte, non seulement on reconnaît que les églises orthodoxes sont des églises (en cela qu’elles sont hiérarchiques, intermédiaires obligé de salut et qu’elles refusent le sacerdoce aux femmes) mais on souligne dans quelle plénitude de communion doctrinale l’ECAR se trouve avec elles à ce pénible détail près qu’elles ne consentent pas encore à considérer le 5ème patriarcat, celui de Rome comme le patron.

L’interprétation que je suggère est la suivante : “Dominus Jesus” est une OPA amicale envers les églises orthodoxes. En échange de la reconnaissance du pape comme Executive-chairman , les filiales reçoivent la reconnaissance que le filioque, qui fit couler plus de sang que d’encre, n’était pas exactement nécessaire. Dommage pour ceux qui perdirent la vie dans ces combats !

Autre nouveau visage de l’oecuménisme qui passe inaperçu : chacun sait que “les trente ans d’oecuménisme” dont parlent nos “frères romains”., ne sont que l’exploitation d’un brevet déposé, si je ne me trompe, par un pasteur luthérien, Nathan Söderblom, (1866-1931) auxquels ont travaillé, ensuite diverses équipes dont celles de Wilfred Monod, dans les années 1921. Ce procédé est encore en recherche et développement dans une start-up, installée en suisse, depuis 1948 : le C.OE.E [2]., dans lequel l’E-CAR n’a jamais voulu investir sérieusement. Il est vrai que les églises protestantes, fondatrices de l’affaire, comme les églises orthodoxes qui les ont rejointes en 1961, n’imaginent pas le produit fini exactement sous la même forme. Pour les catholiques, c’est “tous réunis sous la houlette du pape et des évêques”.. Je vous passe la liste des textes de l’église romaine qui en attestent. Pour le C.OE.E, les statuts précisent clairement qu’il ne s’agit pas d’organiser des fusions- acquisitions ni de devenir une “super-église”.. Il s’agit de se rapprocher afin de se mieux connaître les uns les autres et d’organiser .”le respect mutuel”.

Toutefois, depuis les premières années du C.OE.E, les crises furent nombreuses, dont l’une autour d’un débat christologique : le chrétien se définit-il comme celui qui “croit à” divers dogmes comme la divinité de Jésus ou la Trinité ou bien est-ce celui qui marche à la suite de Jésus, qu’on nomme souvent le Christ, tel que le révèle le Nouveau Testament, celui qui s’efforce de fonder sa vie sur le Sermon sur la montagne, celui qui tâche d’aimer son prochain comme soi-même, voir même son ennemi ? Dans de nombreux cas, les églises orthodoxes ont posé des ultimatums : . “Cédez à notre point de vue, ou nous quittons le C.OE.E”.. Le dernier en date fut celui concernant les pasteurines désignées pour présider des célébrations lors du Congrès Mondial au Zimbabwe. Impossible aux églises orthodoxes d’accepter des femmes ministres. On fut près de l’éclatement.

Cependant, les églises issues de la Réforme dans un cas comme dans l’autre, refusèrent d’exclure qui leur minorité unitarienne, qui leurs femmes ministres. Et pourtant, n’aurait-on pas eu l’air fin à discuter d’oecuménisme entre églises issues de la Réforme ?

Or, le message de l’ECAR aux églises orthodoxes, dans “Dominus Jesus”, est clair : “Allez-vous encore supporter longtemps de vous faire enquiquiner par des petites troupes inorganisées de ‘communautés ecclésiales’ qui ne sont même pas des églises alors qu’un avenir plus glorieux vous attend ?“.

Je n’ai vu aucun journaliste d’information religieuse relier ces quelques faits ensemble. Je le regrette et j’espère que ce n’est pas le projet sous-jacent à ce texte. Le dynamitage du C.OE.E offrirait, en effet, un “nouveau visage à l’oecuménisme“. Je n’ai pas encore consulté la réaction du C.OE.E. sur son web mais la disparition du dialogue inter-religieux au profit d’un oecuménisme de la part de marché (voir le passage sur l’effort d’évangélisation envers les grandes traditions religieuses) serait regrettable.

Mulot, Le Pharisien Libéré (Reprint de “Parvis 21″ 22.09.00)

notes et références

(N.d.l.r. La procession du Saint-Esprit = “le “filioque” = le Saint-Esprit “procède du Père et du Fils”, cette portion de phrase soulignée ayant été introduite dans le Credo vers l’an 800 par… Charlemagne)

  • [1]. Église Catholique apostolique et Romaine
  • [2] Conseil Œcuménique des Eglises

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oecuménisme : réunion de l’église orthodoxe russe

Ce 17 mai, église orthodoxe russe hors frontières et l’église orthodoxe russe du patriarcat de Moscou ont signé un acte de communion canonique qui précise que l’église hors les murs est bien membre à part entière du patriarcat orthodoxe russe de Moscou. Chemin faisant, les prêtres ordonnés par l’une pourront exercer chez l’autre. La signature de l’acte a été suivie d’une célébration de 3 heures au cours de laquelle les 2 patriarches de chacune des églises, jusqu’ici autocéphales, ont communié au même calice. La dépêche AFP (telle que présentée par TV5) ne dit pas quelle sera la situation hiérarchique réciproque de l’un (patriarche Laur de New York) et de l’autre (patriarche Alexis II de New Moscou).

La réunion est un acte politique qui ne fait pas l’unanimité dans le clergé orthodoxe. Certains disent que le patriarcat de Moscou fait une fleur au président Poutine afin d’ajouter un peu de lustre symbolique à son bilan de fin de mandat. Vladimir Poutine, qui était présent à la cérémonie, est très satisfait. 8 russes sur 10 disent croire en Dieu et la plupart sont orthodoxes.

En 1918, à la fin du concile de Moscou, si important pour l’organisation de l’église russe en cela qu’il reconnaissait le rôle des laïcs dans une église de structure épiscopalienne, le patriarche Chiron avait jeté l’anathème sur les bolchéviques puis était parti à l’étranger, suivant une partie de l’aristocratie russe. Le concile n’avait jamais été appliqué.

Chiron avait alors fondé l’église orthodoxe russe hors frontières dont le siège était à New York.Son successeur avait proclamé son allégeance au gouvernement et le patriarcat de Moscou avait été placé sous le contrôle du KGB.

Religioscope signale une autre source d’opposition à cet oecuménisme, celui-ci de nature intégraliste. Le courant de Mgr Diomède dresse un réquisitoire en hérésie dans le document de l’évêque de Tchoukotka analysé par Nathalie Ouvaroff. On se rend compte une fois de plus à la lecture de cet article que l’intégralisme relève moins de divergences théologiques que d’une lutte pour la répartitions des pouvoirs dans une athmosphère de fin de règne.

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Publié dans:  on 17 mai 2007 at 2:08 Laisser un commentaire

Un apôtre nommé Pierre

Le principe de cette série documentaire, Les mystères de la Bible, consiste à alterner des interviews de chercheurs ou d’intellectuels avec des morceaux de docu-fiction. A défaut de voir les diffusion ou rediffusion, elles peuvent s’acheter en DVD. Recenser l’épisode ne consiste pas seulement à “raconter” son contenu. Il faut aussi élucider les relations entre les divers éléments du documentaire et, le cas échéant lister les problématiques qui pourraient avoir été escamotées.

INTERVENANTS CONVIÉS

Pour recenser correctement un documentaire de ce style, il serait souhaitable de trouver l’équivalent d’une description bibliographique comme les auteurs et réalisateurs mais aussi le nom des intervenants et chercheurs interrogés comme on trouve systématiquement à la fin des recueils d’articles une courte notice biographique de chacun des auteurs. Le très complet Bible Film Blog ne donne pas ce type de renseignements.

Dans ces films, le réalisateur, Gillian Bancroft, présente sur le même plan les propos du chercheur, du dilettante, du théologien, de l’ecclésiastique ; la juxtaposition ne suffit pas à faire contrepoint. On peut se demander si ce lissage entre différentes catégories d’intervenants n’est pas à mettre au nombre des problèmes liés à la réalisation ? Dans une perspective documentaire, sur Pierre l’apôtre, est-il indifférent de n’interroger que des théologiens catholiques ? N’aurait -il pas été intéressant, pour le téléspectateur, d’avoir un point de vue orthodoxe oriental sur une primauté revendiquée ?

L’absence de ces informations filmographiques est gênante tant sur le plan du respect du droit d’auteur, que pour le spectateur désireux de poursuivre la réflexion avec les ouvrages ou les articles de l’un ou l’autre des auteurs mis à contribution, par exemple sur le net ou même en librairie. Les producteurs Michel Waekelin, directeur “Ethics & Religion” de la BBC, et Jean-Claude Bragard ne mettent pas ce type de renseignements sur le site officiel de leur série. On pourrait s’attendre à trouver dans le magazine de TV, ou sur le site de la chaîne diffuseuse, ou sur le site du réalisateur ces informations ; il n’en est rien.. Il faut donc la reconstituer. Pour cet épisode, la liste s’établit comme suit :

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