Google Books

Au moment où les éditions La Martinière et le syndicat des éditeurs francophones attaque HGoogle books en justice pour faire valoir le droit d’auteur et le manque à gagner, j’éprouve tout de même une certaine satisfaction à trouver  en ligne, un livre difficile à acheter en France : God Has Many Names.

Cet ouvrage devrait être à la base de tout enseignement laïc du fait religieux dans nos écoles. D’abord, il initie aux valeurs d’un polythéisme, celui de l’hindousime et relativise le débat que d’aucuns voudraient lancer sur la supériorité intrinsèque de tel monothéisme sur un autre.

Il montre que pour être “bien chez les autres“, il importe d’abord d’être “bien chez soi“. Et pour en profiter un maximum, l’écoute de l’émission “Répliques” d’Alain Finkelkraut du 26 septembre 2009 sur France culture peut être une  excellente postface.

Bibliographie

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Loi sur le Blasphème au Pakistan

Le Comité central du Conseil Œcuménique des Églises réuni à Genève du 26 août au 2 septembre 2009 a publié un appel public adressé au gouvernement du Pakistan, lui demandant de “garantir les droits de toutes les minorités religieuses du pays“. Il précisait que la section du code pénal de ce pays prévoit la peine de mort pour quiconque est jugé coupable de blasphème.

Le Conseil Œcuménique considère que cette loi est devenue « une occasion majeure de victimisation et de persécution » des minorités religieuses qui vivent « dans un état de crainte et de terreur ».

Selon “Aide à l’Eglise en Détresse“, cette loi serait instrumentalisée par les extrémistes et la communauté catholique du Pakistan a annoncé un deuil de 3 jours, le 3 août, quand 3 chrétiens ont été brûlés vifs ans la province du Pendjab par un groupe de musulmans qui accusait les chrétiens d’avoir blasphémé le Coran

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Quelques discours intelligents sur l’Islam

L’Université de tous les savoirs a organisé 13 conférences, l’automne passée, sur l’Islam Aujourd’hui.

  • L’adresse des 13 conférences sur le site du CERIMES (centre de ressources et d’information sur les multimédia pour l’enseignement supérieur)
  • Voir les 13 conférences sur le site de Canal U (Canal Université)

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Publié dans: on 22 février 2008 at 4:12 Commentaires (23)

Peter L. Berger, l’impératif hérétique

En même temps que je termine  d’écrire les billets promis (à Jeff mais surtout à moi-même) sur l’Esprit de l’Athéisme, d’André Comte-Sponville, je n’ai pu m’empêcher d’ouvrir déjà L’impératif hérétique : Les possibilités actuelles du discours religieux. Paru en 1979 en anglais, il est traduit en français seulement depuis l’année dernière. Je me demande si ce n’est pas l’un des bouquins les plus excitants que j’ai lus cette année ?

Les plus pressés peuvent jeter un oeil sur la présentation par l’éditeur ou sur une recension parue en son temps dans Theology Today, mais c’est en anglais.

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qu’estce que Dieu ?

John Hick, God Has Many Names, Birmingham University Press, 1988, pp. 102, traduction Mulot

Au premier cercle, nous rencontrons un problème de terminologie auquel aucune solution satisfaisante ne peut être proposée. Comment devons-nous nommer cette réalité transcendante à laquelle nous supposons que la religion constitue la réponse humaine ? On peut pencher initialement pour le rejet de « Dieu », parce que trop théiste – si l’on retient que l’éventail des religions inclut les plus grandes traditions non-théistes comme les théistes – et considérer des alternatives telles que « Le Transcendant », « Le Divin », « Le Dharma », « l’Absolu », « Le Tao », « L’Etre en soi-même », « Brahman », « L’ultime réalité divine ». Le fait est que nous ne disposons pas d’un terme parfaitement libre vis à vis d’une quelconque tradition ou susceptible de les transcender. C’est pourquoi on en vient à utiliser le terme fourni par l’une de ces traditions, toutefois l’utilisant (ou ayant conscience de mal l’utiliser) d’une façon qui force ses frontières. Comme chrétien, je serais assez d’accord pour utiliser « Dieu » mais je ne l’utiliserais pas dans son sens absolument théiste. C’est donc un danger pour l’auteur comme pour le lecteur de passer sans l’avoir remarqué et de régresser au sens strict et standard de ce terme ; tous deux doivent demeurer vigilants contre cela. Je parlerai donc de Dieu dans ce qui suit, avec cette restriction importante que c’est une question ouverte de savoir à ce moment du propos, si Dieu est personnel. Nous serons conduits, je le présume, à distinguer Dieu de « Dieu comme il est conçu et perçu par les hommes ». Dieu n’est ni une personne ni un objet mais la réalité transcendante telle qu’elle est conçue et expérimentée par diverses mentalités humaines, notamment soit de façon personnelle, soit de façon non-personnelle.

La conception générale de cette distinction, d’une part, la Déité dans toute sa profondeur infinie, au delà de la conscience et de l’expérience humaine et d’autre part, la Déité comme une expérience finie dans l’expérience humaine, est ancienne et très répandue. Peut-être la forme la plus explicite de cette distinction est celle entre Nirguna Brahman, Brahman sans attributs, au delà du champ de langage humain et Saguna Brahman, avec des attributs, connus dans l’expérience religieuse humaine comme Ishvara, le créateur personnel et prince de l’univers. Chez le mystique occidental Maître Eckhart (Meister Eckhart) est distinguée la Déité (Deitas) et Dieu (Deus) ; et Rudolf Otto, dans son étude « Eckhart et Shankara » dit : « Ici même se rencontre la plus extraordinaire analogie entre Eckhart et Shankara : loin au dessus de Dieu et du Seigneur personnel se trouve la Déité, entretenant une relation identique à celle que tient Brahman envers Ishvara ». Les Écritures Taoïstes, Tao Te Ching, commencent par affirmer que « Le Tao qu’on peut exprimer n’est pas le Tao éternel ». Les mystiques de la Kabbale juive distinguent entre En Soph, l’absolue divine réalité, au delà de toute description humaine et le Dieu de la Bible ; chez les Soufis, Al Hacq, le Réel semble être un concept similaire, comme l’abyssale Déité soutenant la personnalité d’Allah. Plus récemment, Paul Tillich a parlé du « Dieu au delà du Dieu du théisme » et dit que “Dieu est le symbole de Dieu ». Whitehead et les théologiens du Process qui l’ont suivi distinguent entre la nature primordiale et la nature conséquente de Dieu, la première étant la nature de Dieu soi-même, l’autre étant constituée de son inclusion dans le monde et la réponse du monde.

Publié dans: on 14 juillet 2007 at 10:40 Commentaires (4)