ETS : adoption de la déclaration de Chicago de 1978


Jim West, dans son blogue, à la date du 21 novembre 2006, nous informe que l’ETS a adopté la déclaration de Chicago de 1978. Il en profite pour ouvrir une micro-discussion avec Chris Tilling, un évangélique britannique, actuellement doctorant à Tubingen et fin connaisseur de Paul. Chris Tilling discute la question théologique ici mais déclare après coup qu’il s’agit d’une position de repli stratégique.

  • J’ai donc résumé, ci-dessous, les grandes lignes de l’article de Jeff Robinson dans lequel il apparaît qu’une telle déclaration de foi sert d’abord à exclure.
  • Puis je n’ai pu m’empêcher de rapprocher le texte de Lamentabili, cette encyclique qui sert à exclure Alfred Loisy.en 1907

J’hésitais entre Lamentalbili et Pascendi,

L’histoire ne se répète pas, elle bégaie

L’affaire de Pinnock et Sanders tient peut-être plus à un conflit moderniste qu’à un conflit sur le refus de la censure des ouvrages critiques et d’exégèse. Toujours est-il que Pinnock et Sanders se soumettent tandis que Loisy ne se soumit jamais. Ce refus inaugurait la substitution lente et progressive de l’étude « historico-critique » (en fait de l’application de toutes les techniques littéraires et historiques utilisées pour les œuvres profanes) à la seule apologie qui était pratiquée dans ce que Gabriel Monod nommait alors la « Science Catholique des Ecritures« . La situation de l’exégète n’était pas simple comme en témoigne de façon paradigmatique l’histoire de Marie-Joseph Lagrange (1855-1938) ; les sites dominicains ou plus généralement catholiques sont très pudiques sur les pressions dont il fit l’objet et ses déboires.

Un livre récent de François Laplanche, « La crise de l’origine, la science catholique des Évangiles et l’histoire au XXe siècle » (Paris, Albin Michel, coll. « L’évolution de l’humanité », 2006) raconte le difficile chemin de l’émancipation à partir de l’encyclique De Divino Afflante Spriitu (1943) qui mettait les chercheurs en liberté surveillée jusqu’à Vatican II.

Il apparaît que les membres de l’ETS en sont revenus à ce point de départ. En effet, l’opinion la plus contestée des partisans de l' »Open Theism » semble être celle-là même que développait Charles Hartshorne, un théologien du Process (donc sans rapport avec l’évangélicalisme) dans son inoubliable  » Omnipotence and Other Theological Mistakes« , (Albany: State University of New York Press) de 1984 : qu’il est possible que Dieu ne soit pas omniscient.

Résumé de l’article

La société théologique évangélique vote l’adoption de la déclaration d’inérrance verbale de 1978, (ce 20 nov. 2006. Source Jeff Robinson, intertitres et commentaires du Pharisien Libéré.)

Les faits

Les membres de la société théologique évangélique (ETS) ont adopté la déclaration d’inérrance verbale de Chicago (1978), le 16 novembre 2006 pour clarifier la position du de l’organisation sur La Bible.

L’adoption de la déclaration de Chicago a pour objet de permettre à l’organisation d’exclure les membres qui soutiennent implicitement ou explicitement des positions théologiques « anormales », telles que le « théisme ouvert » qui minent l’inerrance biblique.

Les participants à la 58ème réunion annuelle de l’ETS ont voté par 171 OUI (90 pour cent) contre 19 NON la résolution proposée par le comité de direction de l’association en 2004 et approuvée par lors de la réunion de 2005. Lors de cette réunion, les membres ont voté pour ajouter la déclaration aux règlements de l’ETS afin de donner une définition plus précise de l’inérrance à utiliser dans le rapport à la foi.

Craig Blaising un membre du comité de direction de l’ETS, précise que l’adoption de la déclaration de Chicago n’est pas une révision des règlement de l’ETS ni de la confession de foi que les membres sont requis de signer lors de leur adhésion où ils affirment la doctrine de la trinité et l’inérrance de la Bible. « La déclaration de Chicago clarifie simplement ce que comprend l’ETS par l’inérrance » ajoute Blaising. Blaising est le recteur du séminaire de théologie baptiste de Forth Worth au Texas.

Si un membre de l’ETS accuse formellement un autre membre autres d’exprimer une « opinion anormale » sur les Ecritures, la déclaration de Chicago offrira à la société des directives pour déterminer si le membre accusé doit recevoir une sanction. L’ETS avait, au départ, tenté d’écrire sa propre définition d’e l’inérrance, mais « l’existence la déclaration de Chicago rendait ce travail inutile », selon Blaising. « La déclaration de Chicago sur l’inérrance verbale de la Bible est bien connue et largement admise parmi les évangelicalistes Pas besoin de réinventer la roue », déclare Blaising.

Bruce Ware professeur de la théologie chrétienne et doyen associé de l’école théologique du séminaire baptiste méridional à Louisville, (Kentucky)., considère cette adoption comme une étape positive qui n’éliminera pas probablement toutes les questions liées à la bible et à l’ETS. Ware, a écrit de nombreux articles réfutant le théisme ouvert, a été élu vice-président de l’ETS au cours de cette même réunion qui a adopté la déclaration de Chicago.

Le débat

La question de l’inérrance est posée dès l’assemblée annuelle de 2003 à Atlanta quand les membres de l’ETS ont voté contre l’expulsion de deux théologiens qui entendaient ouvrir le théisme sur une position qui exposait, entre autres, que Dieu ne sait pas parfaitement ce qui se produira à l’avenir.

Les deux théologiens — Clark Pinnock et John Sanders – n’avaient pas été exclus en partie parce que les membres de l’ETS ne pouvaient pas s’accorder sur une définition précise du concept d’inérrance selon la confession de foi de l’association.

Un des aspects de la théologie de l’inérrance telle qu’établie dans la déclaration de Chicago consiste à enseigner que quelques prophéties bibliques ne seraient pas encore accomplies ; selon d’autres évangélicalistes, cet enseignement minerait l’inérrance biblique.

Le fondateur de l’ETS, Roger Nicole qui avait porté le fer contre Pinnock et Sanders, avait dit lors de la réunion de 2004 que l’adoption la déclaration de Chicago déterminerait avec précision ce que les membres fondateurs de l’ETS ont prévu quand ils ont inclus le concept d’inérrance les statuts.

« Dans mon idée, l’adoption de la déclaration de Chicago élimine l’affirmation par n’importe qui que l’inérrance aurait une définition vague.” […] « La signification de l’inérrance est clarifiée et n’importe quel membre n’est pas d’accord avec cette définition, il devrait démissionner… ou se soumettre »

disait Nicole en 2004.

« Cependant, la déclaration de Chicago n’empêchera probablement pas les « théistes ouverts » de rejoindre l’ETS »

déclare Pinnock. Lui et Sanders affirment qu’ils peuvent signer la déclaration.

La déclaration de Chicago a été produit en automne de 1978 pendant un sommet international des chefs évangéliques intéressés. Il a été signé par presque 300 chercheurs évangéliques tels que Nicole, Normand L. Geisler, Karl F.H. Henry, Harold Lindsell, J.I. Emballeur, Francis Schaeffer, R.C. Sproul et James Montgomery Boice.

Retour à l’histoire

L’histoire de la déclaration de Chicago de 1978 est une affaire typiquement protestante. Pourtant, si on la considère dans l’histoire de la longue durée du Christianisme dans son ensemble, elle semble le fruit d’une lente maturation des résultats du Concile de Vatican II. Le même mouvement préside au Schisme de la Fraternité Saint-Pie X dont les premiers éléments deviennent visible en 1976 qui voit la suspension a divinis de son fondateurs. Dans les 2 cas, la déclaration de Chicago comme la revendication intégraliste de la Fraternité Saint-Pie X, on refuse la confiance aux exégètes, qui était un acquis de ce concile. Ce sont 2 replis fondamentalistes

Bernard Reymond dans « Défi au Protestantisme » (1ère edition vers 1970) expliquait en quoi cette conquête était fragile chez les catholiques. La liberté du chercheur exégète apparaît fragilisée aujourd’hui dans le protestantisme américain, au moins pour une partie de celui-ci.

Alors pourquoi voir dans la déclaration de Chicago une réaction au Concile ? Le églises évangélicalistes sont très au fait des affaires internationales même si cela n’apparaît pas explicitement dans leurs déclarations. On s’accorde à les faire remonter à une série de colloques tenus à Niagara on the Lake (1878-1895) où se réunirent un certain nombre de responsables d’églises évangéliques tentant de se prémunir

  • sur leur gauche, de la critique radicale initiée par le protestantisme allemand spécialement dans sa composante libérale
  • sur leur droite, l’Église catholique romaine vient de poser l’infaillibilité pontificale dans la constitution dogmatique Pastor Æternus, en 1870. Il leur fallait trouver une forme d’infaillibilité.

En 1895, ils définirent leur opposition à la haute critique biblique en une déclaration en 14 points que l’on peut trouver dans Ernst R. Sandeen « The roots of fundamentalism« . Suite à une erreur du premier historien du fondamentalisme Stewart G. Cole, on a souvent confondu cette déclaration de 1895 avec les cinq points de fondamentalisme définis, eux, par la Northern Presbyterian Church en 1910. De plus, ces cinq points ont été modifiés quelques années plus tard par des adversaires des fondamentalistes tenant à mettre en valeur le caractère millénariste d’un bon nombre de tenants du fondamentalisme d’où cette liste habituellement reçue des « fondements » :

  1. la divinité du Christ ;
  2. sa naissance virginale ;
  3. la doctrine de l’expiation vicaire ;
  4. la résurrection corporelle lors de la seconde venue du Christ ;
  5. l’autorité et l’inerrance verbale de la Bible.

On retrouve là, une partie des agacements pontificaux signifiés dans Pascendi.

s’informer

  • les théologies protestantes dans leurs courants conservateurs et fondamentalistes, en France, prônent toutes la déclaration de Chicago. Henri Lüscher, l’un de ces théologiens conservateurs, explique la déclaration de Chicago
  • Sur l’excellent « vieux site en feuille à feuille » de Protestants dans la Ville, Gilles Castelnau expose la théologie post-évangélique de Pinnock et Sanders et c’est en français contrairement à ce que j’ai montré plus haut

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2 commentairesLaisser un commentaire

  1. Excellent work!!!!

  2. Pinnock is not evangelical in social sens. because many statements about God, the use of scripture show that is far from the evangelical belief. which is christian in his God who is limmited in his knowlegde; who is not omnipotent, omniscient. I read some books of him and I dont think he is evangelical theologians may be a neo-evangelical; I am a student willing to write a critical evaluation on his immuability’s doctrine. His god is diminished.
    The result will be in french in two months. we in Africa are limited in matter of publishing. you can publish


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