Homosexualité et Nouveau Testament


Paul et l’homosexualité

« L’exégèse moderne a une vision nouvelle qui fait de la Bible un livre ancien. Le peuple à une vision ancienne qui fait de la Bible un livre nouveau » Carlos Mesters

  • Étude de Paul
  • L’homosexualité et L’église Catholique
  • conclusion
  • L’humanité est sans cesse en mouvement, toujours soumise au changement. Sans cesse de nouvelles questions surgissent. Des réponses se trouvent être inadéquates parce que le contexte social a changé. Souvent des humains se tournent vers la Bible afin de voir plus claire. Un exemple est celui de l’esclavage. Jusqu’à tout récemment aux États-Unis on invoquaient les épîtres de Paul afin de montrer comment l’esclavage est compatible avec le message du Christ. Aujourd’hui, certains se tournent vers ses mêmes épîtres pour condamner l’homosexualité. La question que l’on doit se poser est la suivante : Qu’est-ce que Paul nous dit, aujourd’hui, concernant l’homosexualité ?

    Étude de Paul

    En faisant la lecture des épîtres de Paul nous trouvons trois passages où l’homosexualité semble être l’objet d’une condamnation.

    Le premier passage est le suivant :

    « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de moeurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces, n’hériteront du Royaume de Dieu. » (I Corinthiens 6,9-10)

    À première vue, il semble difficile de faire un lien entre ce passage et l’homosexualité. Pourtant, le mot « dépravés » est souvent interprété comme désignant les personnes ayant des relations sexuelles avec des personnes de même sexe. Le mot grec est « malakos » qui signifie littéralement « malade ». Dans les écrits patristiques, il a le sens de : faible, délicat, débauché. Ah ! Les préjugés ! Assumer que ce mot s’adresse d’une façon spécifique aux homosexuels est entièrement sans fondement. Il n’est jamais utilisé en grec pour désigner les homosexuels ou pour faire référence à des actes d’homosexualité. Dans les écrits contemporains des épîtres de Paul, se terme est souvent utilisé en référence à des actes ou des personnes hétérosexuelles. La tradition Catholique comme celle de la Réforme a appliqué ce mot à la masturbation jusqu’au vingtième siècle. Ce ne sont pas de nouvelles données textuelles qui sont venues modifier l’interprétation mais un changement dans les mœurs. Ainsi on a transféré une condamnation sur un autre groupe afin de s’éviter en tant que théologien ou traducteur d’être troublé.

    Passons au second passage :

    « Certes, nous le savons, la Loi est bonne, si on en fait un usage légitime, en sachant bien qu’elle n’a pas été instituée pour le juste, mais pour les insoumis et les rebelles, […] les impudiques, les homosexuels, les trafiquants d’hommes, les menteurs, les parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la saine doctrine » (I Timothée 1,8-10)

    L’erreur de traduction est encore plus grossière. Le mot grec traduit par homosexuel est  » arsenokoitai « . Pour Paul et ses contemporains le mot signifie « les prostitués mâles ». La confusion dans la traduction c’est développée à partir du quatrième siècle où l’on c’est mis à appliquer différents mots à l’homosexualité pour la désapprouver.

    Il ne nous reste qu’un passage :

    « Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres pénétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire de leur égarement »(Romains 1,26-27)

    Pour bien saisir ce passage, il nous faut le remettre dans son contexte. Au verset 18, Paul affirme :

    « En effet, la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui tiennent la vérité captive dans l’injustice ».

    Le lecteur peut s’étonner qu’après avoir présenté l’Évangile comme étant une force du salut, Paul, sans transition, traite de la colère de Dieu. En fait, les verset 18 à 32 constituent une section centrale dans l’argumentation de Paul. Deux groupes s’opposent les juifs et les non-juifs. Dans la lettre aux Romains, Paul montre d’abord les actions mauvaises des non-juifs en s’appuyant sur la loi juive. Ensuite il s’adresse au juif pour leur indiquer qu’ils ne sont pas sans péché (2, 1; 17) après quoi il change de perspective pour se mettre du côté des non-juifs (9, 3) et finalement Paul insiste sur le fait que les gentils ont à respecter les juifs (11, 13). La condamnation d’acte sexuel entre personnes de même sexe n’est pas un argument théologique mais un exemple d’action prohibée. On peut voir qu’il s’agit d’une activité qui a peu d’importance puisqu’elle ne se retrouve pas dans la liste des péchés qui suit aux versets 29 à 31. Cependant, nous nous trouvons devant un passage qui ne peut pas être balayé aussi facilement que les deux précédents.

    Romains 1, 26-27

    Dès le premier verset, de l’extrait qui nous intéresse, nous retrouvons le mot « nature ». Il est la traduction du mot grec « phusis » qui signifie « une disposition naturelle d’une chose ou d’une personne ». On retrouve le même mot dans I Corinthiens 11,14 :

    « La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter les cheveux longs ».

    Il n’est pas question de loi naturelle, elle sera développer près d’un millénaire après la mort de Paul. Faire la lecture de se passage à partir du principe de la loi naturelle est un anachronisme à éviter. Le mot nature est utilisé pour désigner quelque chose d’habituelle ou d’ordinaire. Habituellement, l’homme porte les cheveux courts et ordinairement, la femme est pour l’usage de l’homme !

    Le mot « contre » de l’expression « contre-nature » est clairement une mauvaise traduction. En grec c’est le mot « kata » qui a le sens du mot français « contre ». Dans l’expression « contre-nature » nous ne sommes pas en présence du terme grec « kata » mais du mot « para ». Ce dernier à le sens de « en dehors de ». L’expression correctement traduite est : « en dehors de ce qui est habituel ou ordinaire ». Paul nous dit que d’avoir des rapports sexuels avec un partenaire du même sexe c’est quelque chose qui est en dehors de ce qui est habituel ou ordinaire. Il réfère, ainsi, aux normes établis par la société. Même aujourd’hui, nous pouvons maintenir cette observation.

    La question qui se pose maintenant est : est-ce que Paul énonce un jugement moral contre des actes entre des personnes de même sexe ? La réponse se situe en Romain 11,23-24 :

    « Et eux, s’ils ne demeurent pas dans l’incrédulité, ils seront greffés : Dieu est assez puissant pour les greffer à nouveau. En effet, si toi tu as été retrancher de l’olivier sauvage auquel tu appartenais par nature, et greffé, contre nature, sur un olivier franc, combien plus eux, les branches naturelles, seront-ils greffés sur leur propre olivier ! »

    Nous voyons, ainsi, qu’un acte ne peut jamais être moralement mauvais par le simple fait qu’il se situe en dehors de ce qui est habituel ou ordinaire. Il s’agit là, de la manière d’agir de Dieu lui-même. Par contre, qu’un acte soit habituel ou pas ne nous dit rien de son acceptation par la société. Même Dieu, a réussi, à scandaliser par sa façon d’agir dans l’histoire humaine. Paul condamne certaines pratiques parce qu’elles ne sont pas habituelles, mais il n’affirme jamais qu’il s’agit d’actes immoraux. Il demande ainsi de respecter un minimum de convention sociale. Conventions qu’il emprunte à sa propre culture juive.

    Paul nous enseigne qu’il nous faut s’abstenir non seulement d’actes réellement mauvais mais que nous sommes appelés à respecter certaines conventions sociales. N’oublions pas que nous sommes au cœur d’une polémique entre juif et non-juif. La loi juive, marquée par le dualisme du pur et de l’impur était remise en question. Certains principes alimentaires et la circoncision étaient des points de tensions important. L’expression « para-phusis » s’applique aussi à toute activité sexuelle inhabituelle et marqué d’impureté tel que les relations pendant les menstruations. Cependant, Paul, affirme :

    « Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. » (Romains 14,14)

    Où en sommes-nous maintenant ?

    Après ce parcours dans les épîtres de Paul, nous pourrions croire que la question est close. Pourtant ce n’est pas le cas. Il nous reste encore une question : à qui s’adresse la condamnation des actes homosexuels ?

    Trois expressions sont éclairantes pour comprendre à qui Paul s’adresse. Ses expressions sont : échangés, en dehors de ce qui est habituel (para-phusis) et délaissant. Ces trois expressions démontrent qu’il s’agit de personnes qui se sont détournés de ce qui constituait l’habituel pour eux, c’est-à-dire l’hétérosexualité. Paul ignore ainsi les gens pour qui cela fait partie de leur nature (ce qui est habituel pour eux) d’avoir des rapports sexuels avec un partenaire de même sexe. Cependant, cet aspect du texte n’a pas échappé aux premiers chrétiens comme en fait foi ce commentaire de saint Jean Chrysostome (en anglais dans ma source) :

    « deprives them of any excuse, […] observing of their women that they ‘did change the naturel use’. No one can claim, he points out, that she claims to this because she was precluded from lawful intercourse or that because she was unable to satisfy her desire she fell into this monstrous depravity. Only those possessing something can change it. »

    Il est probable que Paul n’avait pas connaissance de situation où des personnes d’orientation homosexuelle vivaient une relation d’amour dans le respect et la fidélité l’une pour l’autre. Cependant, ce qui est clair, pour nous, c’est que la question qui nous intéresse n’est nullement abordée directement par lui. Est-ce affirmer que Paul ne peut guère nous aider dans le développement d’une réflexion sur une éthique gaie de l’homosexualité ? [1]

    Une piste de réflexion

    Devant le silence de Paul concernant l’homosexualité, regardons brièvement comment il aborde la morale sexuelle. Le passage le plus important se trouve en I Corinthiens 6,12-20. Le verset 12 à lui seul est un résumé de toute la morale paulinienne²nbsp;: « ‘Tout m’est permis’ ; mais tout n’est pas profitable. ‘Tout m’est permis’ ; mais je ne me laisserai, moi, dominer par rien ». Nous sommes loin de la perspective selon laquelle toute sexualité est mauvaise mais tolérée à condition qu’elle comporte une fin qui est bonne : la procréation. Dans tout ce passage, il n’est jamais question de procréation. Pour nous permettre de bien discerner, Paul, nous propose ce critère : s’abstenir de tout ce qui peut nous dominer. Nous ne sommes plus dans une logique de permis et défendu [2]. Nous avons désormais, parce que membre du corps du Christ, à déterminer ce qui favorise ou compromet notre croissance d’humain nouveau régénéré dans le Christ. C’est à cause de cette appartenance que Paul nous adresse cette invitation : « Glorifiez donc Dieu dans votre corps ».

    Paul à toujours préconisé, à cause de la venu imminente du Royaume de Dieu, le célibat. Cependant, il a adressé ce conseil aux hétérosexuels :

    « J’en viens maintenant à ce que vous m’avez écrit à savoir, s’il est bon pour l’homme de s’abstenir de la femme’. Toutefois, à cause des débauches, que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari. » (I Corinthiens 7,1-2).

    Je me permet de le paraphraser de la façon suivante pour les homosexuels :

    « Toutefois, à cause des débauches, que chaque homme ait son homme et chaque femme, sa femme. »

    L’homosexualité et L’église Catholique

    Après l’exploration des épîtres de Paul, je me permet un commentaire sur l’homosexualité et l’Église Catholique. Il n’y a aucune définition de l’homosexualité qui fasse l’unanimité et nous ne comprenons pas tellement bien d’où elle provient. Voici la définition du Catéchisme de l’Église Catholique :

    « L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe.[…]
    Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle : elle constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. » (CEC 2357-2358)

    Cette définition de l’homosexualité est convenable, cependant pour plus de clarté mieux vaut parler non pas d’une « tendance homosexuelle foncière », mais d’une « orientation sexuelle ». Orientation qui n’est pas un choix libre et volontaire comme le précise le catéchisme. Le sexe vers lequel on est attiré est ce qui permet de qualifié une orientation de homo (pour le même sexe) ou hétéro (sexe opposé).

    Deux mots doivent retenir notre attention : « exclusive » et « prédominante ». L’homosexualité ne désigne pas des relations entre deux hommes ou deux femmes hétérosexuelles mais désigne uniquement, selon la définition proposée, des relations entre personnes « qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante envers des personnes du même sexe ». Il s’agit d’un point essentiel. Il n’est plus question des hétérosexuels ayant des pratiques homosexuelles condamnées par Paul dans l’épître aux Romains.

    L’église catholique affirme que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CEC 2357). Elle appelle les personnes d’orientations homosexuelles à l’abstinence. Elle leurs propose cette voie, tel un idéal à atteindre. Idéal difficile et qui comporte le risque de tomber. Ceux et celles qui tomberont qu’occasionnellement n’auront qu’a demander l’absolution et ensuite ils pourront recevoir la communion en bonne conscience. Ceux et celles qui vivrons une relation d’amour, dans le respect et la fidélité, vivront continuellement, toujours selon l’église catholique, en état de péché. L’église encourage ainsi les relations d’un soir sans lendemain, nous sommes loin de Paul qui désire éviter les débauches en proposant la fidélité, le respect et l’amour vrai. Peut-être est-ce parce que l’Église Catholique oublie que l’orientation sexuelle est en lien d’abord avec – qui on tombe en amour et pour qui on est passionné – et non – avec qui on a des activités sexuelles -.[3]

    Conclusion

    Trouver des réponses à nos questions dans les écritures n’est jamais une tâche facile. À l’exemple des premières communautés chrétiennes nous avons à réinterpréter les écritures à partir de nos situations nouvelles. Déjà les feux de l’aube sont là qui nous permettre de garder notre espérance parce que :

    « Le Peuple de Dieu lui-même commence à lire et à interpréter la Bible directement, depuis son propre lieu social, culturel et spirituel. C’est un mouvement ecclésial, œcuménique qui est aussi à la fois un processus pédagogique, une voie spirituelle et de sainteté, une force spirituelle pour la transformation globale de la société. C’est un mouvement qui pose de solides fondations à la reconstruction du mouvement de Jésus pour le 21e siècle et le troisième millénaire. » Pablo Richard

    Patrick Riberdy

    En 2002, date de la première parution de cet article, Patrick Riberdy étudiait en maîtrise de théologie catholique à l’Université de Montréal (Canada)

    notes

    1. 1 « J’emploie délibérément ici le terme gai – plutôt qu’homosexuel – pour signifier que cette réflexion doit absolument être portée, imprégnée par le quart de siècle d’histoire du mouvement de libération gai, qui a fait sortir l’homosexualité du placard du péché, de la maladie ou de la tare sociale, et l’a revendiquée comme UNE possibilité décente et légitime d’être humain, parmi d’autres. G. Ménard  » Des éthiques pour penser l’homosexualité: questions de théories et de méthodes « , Université de Montréal, Faculté de théologie, novembre 1996, dans Nouveau regard sur l’homosexualité. Questions d’éthique, sous la direction de Guy Lapointe et Réjean Bisaillon, Montréal, Fides, 1997, 83-97.
    2. 2 « Tant que nous restons enfermé dans la logique de l’interdit, nous ne parlons pas d’éthique mais seulement d’obéissance et de transgression. Et, de fait, c’est bien seulement à partir du moment où on est sorti de cette dynamique, où l’on est entré dans un sorte de « vacance normative », ou d' »espace libre » que l’on peut entreprendre une problématisation éthique de l’expérience. C’est-à-dire sortir du champ de forces du « permis » et du « défendu », pour entrer dans celui de l’opportun, de l’utile, du constructif, en fonction du « style » qu’on entend donner à sa vie, pour parler comme Foucault. Et l’on n’est peut-être même pas si loin de saint Paul, ici, tout au moins du saint Paul des meilleurs jours, pour qui tout était permis même si tout n’était pas également constructif… » in G.Ménard, op.cit.
      3 La « Lettre pastorale » sur l’homosexualité publiée par le Vatican à la fin de 1986 (sous la plume du cardinal Ratzinger) a suscité beaucoup d’émoi dans le monde gai et au-delà. Par certains côtés, elle peut-être vue comme un « progrès » : pour la première fois, en tout cas, et dans un document de réelle envergure qui porte uniquement sur cette question, Rome semble enregistrer l’incontournable importance de la réalité homosexuelle. Ceci dit, le document demeure profondément décevant. On l’a sévèrement critiqué, suggérant même (e.g., la théologienne américaine Mary Hunt) d’y voir une sorte de « pornographie théologique ». Comme la pornographie, en effet, le document romain dépersonnalise l’expérience homosexuelle en mettant toutes ses formes « dans le même sac »; il réduit par ailleurs cette expérience à une « affaire de cul » désordonnée, négligeant totalement les autres dimensions qui s’y expriment (amour, affection, souci de l’autre, etc.); il ouvre enfin la porte à la violence en faisant porter aux seuls revendications (« illégitimes et exagérées ») des gais la responsabilité de l’hostilité susceptible de surgir à leur endroit dans la société. C’est pourtant tout le contraire que commanderait un véritable accueil des personnes d’orientation homosexuelle, une hagiographie, pourrait-on dire, au sens le plus riche de ce terme. [G.Ménard]
    Published in: on 22 décembre 2006 at 9:59  Comments (16)  

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    16 commentairesLaisser un commentaire

    1. Fascinating stuff there. Thanks!

    2. Thanks ! In French, the best seems to me the Dr. Ménard’s site.

    3. À bas les préjugés, l’ignorance, le fanatisme et les lectures réactionnaires des Écritures — celles qui s’attardent aux anciennes interprétations désormais désuètes… et même parfois très nocives ! Voilà enfin un article très éclairant que TOUTE personne qui se veut être bien informée et lucide devrait lire et bien digérer. Mille fois bravo, monsieur Patrick Riberdy !

    4. Bonjour, je lis :

      ———-

      « Le premier passage est le suivant :

      “Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de moeurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces, n’hériteront du Royaume de Dieu.” (I Corinthiens 6,9-10) »

      ———-

      Je ne lis pas la même chose dans ma Bible :

      « Ne savez-vous donc pas que les injustes n’hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les pédérastes de tout genre, ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n’hériteront du royaume de Dieu. »

      Je n’ai donc pas le mot « dépravé » mais bien « pédéraste ».

      Vous pouvez m’apporter vos lumières?

      Au passage, qu’entend on finalement par « Royaume de Dieu »?

      Dans mon éducation traditionelle catholique c’était le paradis, mais aujourd’hui sait-on de quoi il était fait allusion à l’époque?
      D’ailleurs quelqu’un se sert de la citation que j’ai dans ma Bible pour attaquer l’homosexualité.

    5. Un texte qui cite un des passages où il est bien écrit « homosexuel ».

    6. Anthaeus Said:

      Un texte qui cite un des passages où il est bien écrit “homosexuel”.

      Il s’agit d’une traduction car le mot homosexuel n’existe pas dans la Bible hébraïque. Il a été introduit dans la traduction de la Bible vers 1840 à peu près au temps de l’affaire Oscar Wilde.

      Je rappelle que, selon Maurice Sartre, qui est un grand professeur d’histoire ancienne, l’homosexualité n’existe pas dans l’antiquité.

    7. Le mot « homosexuel » n’existait pas vous voulez dire? Parce que l’homosexualité a été répertorié chez plus de 1500 animaux dont certains sont plus vieux que l’Homme si je me souviens bien.

      Donc l’homosexualité a de tout temps existé.

      Les animaux sont plus tolérants que les Hommes, ou plutot ces derniers étaient tolérants en la matière jusqu’à un instant T où tout a changé.

      Pourquoi? J’en sais absolument rien.

      Et pour le passage du Nouveau Testament que je cite plus haut, en fait si j’ai le mot « homosexuel » dans ma Bible et pas Monsieur Patrick Riberdy c’est parce que moi j’ai la traduction erronée et que lui en fait nous traduisait la version originale? (celle en grecque).

      Donc ma Bible a une erreur.

      Donc le mot « homosexuel » n’est pas utilisé dans les originaux, que ce soit en grec ou en hébreux.

      Merci. 🙂

    8. Anthaeus Said:

      Le mot “homosexuel” n’existait pas vous voulez dire? Parce que l’homosexualité a été répertorié chez plus de 1500 animaux dont certains sont plus vieux que l’Homme si je me souviens bien.

      Donc l’homosexualité a de tout temps existé.

      Votre rapprochement avec les animaux montre que, pour vous, l’homosexualité est un phénomène biologique. Il existe bien des relations entre animaux de même sexe (dont l’homme, primate)

      L’homosexualité telle qie Maurice Sartre ou moi-même l’envisageaons est d’un tout autre ordre : c’est un fait sociologique.

      Il en résulte que, ce que nous nommons aujourd’hui « homosexualité » n’existe pas dans l’Antiquité.

      Aujourd’hui, quand nous parlons de personnes gay(e)s, nous pensons à des gens qui se revendiquent :
      * exclusivement attirés par des personnes de même sexe,
      *qui vivent ensemble more conjugato ou ambitionnent de le faire,
      * dans un contexte de consentement
      * qui obtiennent ou réclament les droits civils attachés à la famille (mariage, enfants, adoption, héritage, impôts, immobilier, etc…)

      Dans l’antiquité greco-romaine qui est le domaine de Maurice Sartre, ce type d’homosexualité n’existe pas. D’abord « y’a pas de mot pour cela » ; il y en a une foultitude d’autres qui décrivent la diversité des situations. Les relations homosexuelles sont pour la plupart inégales, c’est à dire entre un homme libre(qui peut être une femme, mais c’est tardivement attesté) et un esclave. L’esclave est souvent élevé exprès pour : mettez « pueri delicati » dans votre googole pour vous faire une idée. La relation peut-être aussi avec des prostitués. Dans d’autres régions de l’empire, par exemple au contact de l’Asie, le (la) prostitué est fréquemment attaché à un temple et cette relation est cultuelle (union avec la Terre, avec le Ciel, ou autres concepts auxquels un genre est affecté.

      Tous les poètes greco romains qui parlent d’érotismes homosexuels sont mariés et pères de famille (parce que c’est un devoir du romain) même si leur poésie manifeste les signes de l’auto-biographie.

      Römer décrit une homosexualité de cour qui est un milieu possiblement sophistiqué. A l’autre bout de la société, on connaît la prédation du soldat vaincu en temps de guerre et c’est encore arrivé en Yougoslavie.

      Il résulte que l’homosexualité telle que nous la comprenons aujourd’hui n’existe pas. Voyez Florence Dupont « L’érotisme masculin dans la Rome antique » , son article en ligne sur la prostitution ingénue (c’ets à dire non-esclave) et son bouquin sur la littérature de l’ivresse.

    9. « Aujourd’hui, quand nous parlons de personnes gay(e)s, nous pensons à des gens qui se revendiquent : »

      Je dirais quand VOUS parlez.

      « * exclusivement attirés par des personnes de même sexe, »

      Et les bisexuels qui comme moi sont attirés sexuellement par les deux sexes et affectivement que par un sexe?
      Bisexuel homoaffectif selon moi. Sauf que j’ai orienté ma sexualité conformément à mon affectivité. Je suis donc homosexuel homoaffectif. Mais il n’y a pas d’exclusivité pour des personnes de même sexe dans mes attirances SEXUELLES.

      « *qui vivent ensemble more conjugato ou ambitionnent de le faire, »

      Oh? le célibat consenti n’enlève pas (toujours selon moi) votre caractère sexuel. On peut toujours avoir des attirances. Un prêtre reste hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel malgré son abstinance. Enfin ce n’est que mon avi.

      « * dans un contexte de consentement »

      Bah oui sinon ce serait du viol.

      « * qui obtiennent ou réclament les droits civils attachés à la famille (mariage, enfants, adoption, héritage, impôts, immobilier, etc…  »

      Il y a des homosexuels fortement opposés contre tous ces droits là. Ce qui ne les empêchent pas de se dire homosexuel et de pratiquer leur orientation.

      Qaunt à « Mariage » et « Enfants » ne mettons pas tous les oeufs dans le même panier.

      Mariage pour les homos : Oui.

      Enfants : Non, ou sous certaines conditions.

    10. Anthaeus Said:
      Et les bisexuels qui comme moi sont attirés sexuellement par les deux sexes et affectivement que par un sexe?
      Bisexuel homoaffectif selon moi. Sauf que j’ai orienté ma sexualité conformément à mon affectivité. Je suis donc homosexuel homoaffectif. Mais il n’y a pas d’exclusivité pour des personnes de même sexe dans mes attirances SEXUELLES.

      Je me permets de signaler que je parlais d’un fait sociologique, c’est à dire d’un ensemble, d’un courant discernable, et pas spécifiquement de « vous » comme individu.

      D’un autre côté, j’exposais une situation historique (au 19ème siècle, autour de l’affaire Oscar Wilde, dans l’antiquité autour de quelques poètes) dans laquelle toutes les personnes homosexuelles dont l’histoire a retenu quelque chose étaient mariées ou divorcées et insérées dans la société globale.

      La situation d’aujourd’hui est tout à fait différente.

      Anthaeus Said:
      Il y a des homosexuels fortement opposés contre tous ces droits là. Ce qui ne les empêchent pas de se dire homosexuel et de pratiquer leur orientation.

      Ah bon ? Il y a de groupements homosexuels qui s’opposent à la reconnaissance de leurs droits civils ? qui souhaitent le retour à l’ordre antérieur où l’homosexualité était classée dans les maladies psychiatriques ?

      Anthaeus Said:
      Mariage pour les homos : Oui.
      Enfants : Non, ou sous certaines conditions.

      Alors vous êtes contre l’égalité entre tous les citoyens ? Vous êtes partisan d’une citoyenneté à deux vitesses selon l’orientation sexuelle ?

    11. « Ah bon ? Il y a de groupements homosexuels qui s’opposent à la reconnaissance de leurs droits civils ? qui souhaitent le retour à l’ordre antérieur où l’homosexualité était classée dans les maladies psychiatriques ? »

      « Groupements » dans le sens associations non, ou alors pas à ma connaissance. Mais je connais quelques homosexuels qui considèrent le mariage homosexuel comme une tare (allez savoir pourquoi).

      D’autres homosexuels refusent la mariage homosexuel au même titre que certains hétérosexuel sont contre le mariage hétérosexuel: car il représente l’ingérence d’une institution dans la vie des citoyens et que l’officialisation d’une union peut représenter pour certains d’entre eux un manque de confiance dans la fidélité du partenaire et que le divorce et les coûts que cela entrainerait serait un bon dissuasif d’aller voir ailleurs.

      Une façon de « tenir en laisse » selon ces mêmes personnes.

      « Alors vous êtes contre l’égalité entre tous les citoyens ? Vous êtes partisan d’une citoyenneté à deux vitesses selon l’orientation sexuelle ? »

      L’égalité entre les citoyens se trouve dans le mariage.

      Mais quand il s’agit d’adoption, il n’est nullement question du couple homosexuel mais des intérêts de l’enfant.

      Je suis homo, je me sens bien dans ma peau et je compte bien vivre ma vie homo, mais je n’aurai jamais apprécié avoir été élevé dans une famille homosexuelle.

      On refuse à beaucoup d’hétéro le droits d’adopter, soit parce qu’on les juge irresponsable, pas assez aisé, ou inapte à élever un enfant.

      Tous les ans en classe chaque élève doit se présenter, ainsi que parler de ses parents.

      Que fais ta mère comme travail? Et ton père?

      Comment sera perçu le gamin qui dira : Ben moi j’ai deux papa? Ou deux mamans?

      Dans mon école, celui qui avait un père un peu trop enveloppé physiquement était la cile de toutes les moqueries.

      Alors celui qui a des parents homos?

      Déjà qu’il a perdu ses parents biologiques, alors si on lui mets en plus des parents dont il aurait peu de chances d’être bien vu parmi ses camarades avec, non merci.

      Vous avez des ados qui se foutent en l’air pour moins que ça.

      Je suis homo, j’assume, c’est pas facile.
      J’aimerais avoir des enfants qui se développent comme tous les autres.

      Mais je suis lucide, je doute qu’un gamin puisse vivre heureux avec deux pères ou deux mères, surtout si en plus il doit vivre la perte de premiers parents (biologiques) auparavant.

    12. ordre public

    13. Je trouve votre texte très intéressant et instructif monsieur Riberdy. S’agit-il d’une thèse, un extrait que quelque écrit? Est-il possible d’avoir quelque part la thèse au complet? Vous donnez une bibliographie, merveilleux! Peut-on trouver ces livres quelques part?

      Merci beaucoup pour ce texte, c’est rafraîchissant et encourageant.

      • Ben non. Monsieur Riberdy ne publie qu’ici et seulement quand cela lui chante. Hélàs !

    14. Merci pour cet article.

      J’avais fait la même démarche pour le mot fornication et le mot péché, tous deux n’existent pas plus à l’origine dans les manuscrits de la bible. Entre ce que JESUS a réellement enseigné et après lui, les apotres, et ce qu’enseigne l’institution catholique (et protestante, aussi, car elle a gardé la base « Vulgate » en bien des choses).
      Je reviendrai faire un tour, mais là je viens de terminer une longue recherche et mon retour sera dans plusieurs jours.
      Je vais relire l’article encore …
      J’ai trouvé l’article en faisant une recherche : homosexualité grec bible. Et j’étais dans la Strong pour chaque mot des listes qui énumèrent : idolâtre, adultère, cupide, infâme, etc, etc

      réponse

      Je ne vois pas de quelle « institution protestante » vous voulez parler ? Aucune centralité n’existe dans les protestantismes. L’affirmation que les protestants auraient « gardé la Vulgate » à savoir une bible en latin est malheureusement fausse. Les protestantismes européens se sont signalés dès le 19ème siècle par un travail historique et critique sur les textes hébreux et grecs.

      J’ai donc des doutes sur les méthodes de votre « longue recherche »

    15. Bonjour,
      Oui, il manque un mot dans la parenthèse.

      Ma recherche est très modeste.
      Mais oui, en bien des choses, les premiers à avoir traduit la bible en langues vernaculaires ont gardés plusieurs mots tirés du latin et les gardent encore. Le congrégationalisme biblique par exemple, est peu mis en évidence (ou même très atténué) dans la NBS et la S21.

      Des choses toutes simples comme les apotres, les anciens et les frères deviennent soudain : vos frères, les apotres et les anciens. C’est très subtile comme ‘nuance’. Mais le faire avec tous les passages ‘congrégationalistes’ …

      Pour fornication, oui ma recherche a été longue, en français il n’y a rien ou presque … en anglais il y a déjà plus de choses mais je lis l’anglais très lentement …

      Pour péché, j’ai simplement trouvé que dans l’AT, les hébreux différencies deux choses très différentes et même 3. Avoir d’autres dieux que Dieu, ou encore ne pas reconnaitre que Dieu est Dieu est très différents que les fautes involontaires comme toucher par inadvertance un cadavre par exemple, ou une faute volontaire comme voler.

      Ceci, dit mes minis-recherches sont sans prétentions.


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