Christianismes Orientaux


Une émission « C’dans l’air » sur France 5, le 24 mars 2008, évoquait les représailles dont sont victimes les chrétiens d’Irak depuis la chute de Saddam Hussein.

Antoine Sfeir, rédacteur en chef des « cahiers de l’Orient« , soulignait que les chrétiens
passent pour allochtones dans les pays où le christianisme est né. Il insistait sur le fait que ce caractère de
« croisé« , qui leur est affecté par les islamistes de tout poil, date de l’arrivée des missionnaires
évangélicalistes qui peuvent être américains ou coréens, et qui pratiquent des campagnes de rice
conversion
. De tous temps, les missionnaires arrivent dans les fourgons des militaires.

Plaisamment, le résumé de l’émission déclare sans rire de l’Irak « pays ou le catholicisme existait depuis le premier siècle » alors qu’au premier siècle, le catholicisme, compris dans le sens commun
comme un équivalent de christianisme et plus précisément de nos jours comme christianisme d’occident, n’existe pas encore. En effet, les christianismes orientaux sont tout autre chose que les christianismes occidentaux en dépit des églises uniates qui compliquent le tableau.

Voici donc toute une problématique soulevée en quelques phrases qui justifie de se renseigner sur les
christianismes orientaux.

  • le christianisme est-il une religion occidentale ? la sensation que certains christianismes sont une religion occidentale , manifeste chez les orientaux, y compris chez nombre de chrétiens orientaux, date des croisades et de l’uniatisme
  • L’église orthodoxe est une expression qui ressort de l’ occidentalocentrisme qui projette volontiers ses structures sur les réalités des autres plutôt que de les expliquer
  • le credo de Chalcédoine définit-il le chrétien ? abolit-il les autres formes de croyances ? Si tels ne sont pas les cas, quelles sont les différences ? D’où viennent-elles ?
  • les débats théologiques sont-ils des « querelles » ? ?

Le christianisme est une religion orientale

diffusion

Comme tous les monothéismes, le christianisme naît en Orient. C’est l’une des religions du « croissant fertile« , c’est à dire chronologiquement, le judaïsme, le christianisme et l’Islam.

« Le musulman doit se rappeler avant tout que l’Islam a recouvert, en Syrie Palestine, en Mésopotamie, puis au Maghreb, puis en Asie mineure, une chrétienté bien plus ancienne que celle d’une Europe alors païenne. » (Rochdy Alili 1)

Il est passé d’orient en occident lentement d’abord par le voyage et l’installation de quelques théologiens
orientaux dont le plus connu d’entre eux est peut-être Irénée de Smyrne (ville où il naît) plus connu comme auteur de « contre les hérésies et la gnose au nom menteur » sous le nom de Irénée de Lyon2.
La gnose et le gnosticisme sont une question orientale qui n’a pas d’écho en Occident.

Pendant un grand bout de temps, il n’y a pas ou peu de chrétiens en occident comme le montre un débat
évoqué par Yves Modéran3 qui expose les thèses de Alan Cameron et Robin Lane Fox 4aux
Etats-Unis, et Pierre Chuvin5 et Claude Lepelley en France. Selon ces auteurs, les témoignages archéologiques de l’activité des cultes « paiens » en Occident pour le III ème siècle sont suffisamment nombreux pour établir qu’à cette époque, le Christianisme est un phénomène minoritaire.

L’inégalité de la christianisation selon les régions et le retard de la Gaule en particulier sont admis par tous. À un moindre degré, la situation est la même en Espagne et en Italie, mais avec en plus de fortes différences régionales. Colomban évangélise l’Irlande à la toute fin du 6ème siècle. On pense qu’à Rome, la ville la plus christianisée d’Italie, peut-être un peu moins de 10 % des habitants sont chrétiens en 3126
et le cours de l’université de Genève7. L’étude des papyrus égyptiens permet le chiffre de
20 % de chrétiens en 312 en Égypte8.

En Asie Mineure, une proportion d’1/3 de chrétiens est envisageable, 10 à 20 % en Afrique. En 312, les chrétiens ne sont donc qu’une minorité dans l’Empire.

Enfin, au IV ème siècle, après l’édit de Milan, quand Constantin convoque les premiers
conciles, les occidentaux n’ont pas de théologiens pour s’intéresser et suivre les débats. Une preuve en est fournie par leur défaut de participation dans les 5 premiers conciles :

date et concile nombre de délégués orientaux nombre de délégués
occidentaux
mai- juin 325 Nicée environ 295 5
mai – juillet 381 Constantinople environ 150 0
juin – septembre 431 Ephèse I 177 3
8 au 22 août 449 Ephèse II (non reconnu par les occidentaux) environ 138 2
Chalcédoine I environ 345 5

expansion géographique

Le « christianisme oriental » s’est développé à partir des provinces orientales de l’Empire romain jusqu’en Inde du Sud. L’Arménie, Grèce, Proche-Orient, Égypte, Éthiopie , Europe centrale et orientale ont connu des foyers de christianisation dans les 2 premiers siècles. Les villes de d’Antioche et d’Alexandrie, puis de
Jérusalem, jouent le rôle de capitales ecclésiastiques.
Entre 381 et le 7ème siècle, en particulier, au premier concile de Constantinople se débattront des questions de préséance, le siège de Rome, qui ne dispose d’un évêque monarchique que depuis le début du siècle, veut absolument se hisser au niveau des capitales théologiques que sont Antioche et Alexandrie, le patriarcat de Jérusalem ayant été fondé pour punir Antioche de sa divergence au premier concile de Nicée.
On aboutit alors à ce qui est connu sous le nom de Pentarchie : les cinq centres historiques de Constantinople, Alexandrie, Rome, Antioche et Jérusalem selon l’ordre de préséance donné par R. E. Rubenstein [R. E. Rubenstein, le jour où Jésus devint Dieu, la Découverte]

Le terme « christianisme oriental » recouvre sans distinction :

  • les chrétiens vivant dans le monde arabe arabe, le plus souvent issus des églises des deux ou trois conciles dont le nom de certains est très connus (e.g. les arméniens sont une église des 3 conciles) et d’autres moins connus jusqu’à ce que la guerre d’Irak les mette en lumière (les assyro-chaldéens en fait les assyriens et les chaldéens, depuis le schisme de 1994, suite à l’intégration de araméens dans l’église
    catholique romaine comme église uniate) qui, dans les débuts du christianisme
  • les chrétiens d’Europe orientale qu’on nommait autrefois « Europe de l’Est »
  • un mitage d’églises uniates qui sont le fruit de la reconquête de l’église catholique romaine
    sur les deux précédentes obtenu par voie de conquête politique (partages de la Hongrie, de la Pologne et de l’Ukraine9ou de colonisation (croisades et première colonisation du 16ème siècle). le principe est que le prince contraint ses sujets à adopter la confession de foi romaine (la double nature, le filioque, la primauté de juridiction du pape de Rome sont chaque fois portées au traité) à abandonner leurs théologies propres tandis que les églises ne gardent que leur liturgie et leur paramentique d’origine.

L’Eglise orthodoxe n’existe pas

Les christianismes orientaux se caracérisent par le polycentrisme et la collégialité.

Se réclament « orthodoxe« les églises dites  »byzantines », en référence
à l’empereur de Byzance qui, depuis Constantin, règle les destinées du Patriarcat de Constantinople, dit aussi patriarcat oecuménique en cela que, depuis le concile de Chalcédoine, l’article 38 lui accorde une primauté d’honneur mais non de juridiction pour des raisons politiques .
Actuellement, l’autre patriarcat, installé au 16ème siècle, suivant ce régime est celui de Moscou. Autour
de ces patriarcats s’agrègent les églises dites grecques orthodoxes, c’est à dire les églises des 7 conciles.

A cela s’ajoutent les églises des 2 et 3 conciles issues de doctrines en débat et les églises uniates qui feront l’objet d’un autre article.

Doctrines en débat

« Le » christianisme oriental n’existe pas comme unité doctrinale, pas plus que comme unité institutionnelle.

l’église indivise n’a jamais existé

« L’église indivise » expression à laquelle on ajoute fréquemment « du premier millénaire » désigne l’église « catholique », du temps qu’elle n’était pas encore « romaine » mais « byantine », avant le schisme de 1054. Elle tend à faire croire qu’elle était unie dans la doctrine (employée par les byzantins) comme dans la structure (employée par les romains).

Pour des raisons propres à l’expansion lente du christianisme mais surtout pour des raisons géopolitiques,
l’organisation des christianismes orientaux est polycentrique.

*301 (ou 314) : l’Arménie adopte le christianisme. Ce pays devient le premier pays officiellement
chrétien quoique les indiens du Malankare fasse remonter au milieu du premier siècle la fondation légendaire de leur église en l’attachant à la prédication de Thomas.

*424 : Les Églises chrétiennes de l’Empire perse se proclament indépendantes de Constantinople, pour ne plus être soupçonnées de soutenir l’Empire romain.

*484 : Suite au concile de Chalcédoine, les chrétiens de l’Empire perse, église indépendante de Constantinople depuis le 5ème siècle, adoptent le nestorianisme comme doctrine officielle ..

christologies et différenciations d’églises

La christologie chalcédonienne ne tombe pas toutes armée des conciles. De nombreuses réflexions
se tiennent ici où là jusque dans le peuple, ce dont se plaint Grégoire de Nysse.

Les deux questions principales sont :

  • quel est le mode de relation de Jésus avec celui qu’il nomme son Père du Ciel ? comme le faisait,
    auparavant Hillel
  • Comment Dieu communique-t-il avec ses créatures ? C’est en particulier le souci de Théophile d’Antioche au 2ème siècle.

Les réponses élaborées sont diverses durant les 2 premiers siècles. La difficulté de bien connaître ces réponses tient au fait qu’elles ne sont connues que par l’entremise de ceux qui condamnèrent ceux
qui les professèrent, i.e. les autauers des ouvrages du type « apud Haereses » du 2ème siècle. Une entrée dans ces mode de pensées s’est trouvée ouverte à partir de 1947, date de la découverte des « papiers de Nag Hammadi »

En particulier, Origène(185-254) se pose ce genre de questions. Pour lui, Jésus ne peut être vraiment homme sans âme humaine; la nature divine ne pouvait s’unir directement avec le corps. Le maître d’Arius suivait la lignée christologique d’Origène.

Il s’agit d’interpréter « la personne » de Jésus et le mot « Christ » devient au cours des siècles un équivalent de substitution. Au moment historique où nous nous situons, cette substitution ne va pas de soi ; grosso modo, la tension se situe entre un « logos sarx » c’est à dire « un verbe fait chair » et un « logos anthropos » i.e. « un verbe fait homme. »

  • *Pour les défenseurs de la première option, l’humanité de Jésus n’est pas nécessaire et sa vie terrestre peut être une apparence ; ce courant nécessite une profonde refonte de la représentation de
    Dieu dans le premier testament. On a boutit au courant Docète et au courant monophysite.
  • *Pour les défenseurs de la deuxième option, la compréhension de « Fils de Dieu » ne se
    fait pas « litteralement ». C’est la voie adoptionniste qui s’appuie sur la citation du psaume du couronnement dans les évangiles synoptiques « tu es mon fils bienaîmé, aujourd’hui je t’ai engendré. » Dans cette lignée se situe Arius poursuivant la ligne de pensée d’ Origène. En développant ce courant, Aèce et son disciple Eunome et qui refusait l’emploi du terme essence (ousia argumentant que le mot n’est pas dans la Bible) adopté lors du Concile de Nicée (325) pour exprimer les rapports entre le Père et le Fils, professent que le Fils est « dissemblable » (anomoios) du Père, d’où le nom « d’anoméens »
    On en trouve encore à Sirmium en 357. L’arianisme ne disparaît d’Espagne après la conversion (587) de Récarède (586-601, roi wisigoth). Les unitariens les revendiquent comme ancêtres.

Les conciles luttèrent contre l’adoptionnisme et tentèrent d’introduire une humanité de Jésus. A force de faire passer l’option adoptionniste pour un « péril », de nos jours si vous interrogez un chrétien occidental sur le contenu de la double nature, vous vous rendrez compte que les docètes ont gagné. L’idée même de la possibilité d’un débat sur cette question est devenue blasphématoire.

conciles de la discorde

*325 Sous l’impulsion de Ossius de Cordoue, Constantin réunit le concile de Nicée. Ossius a mené son enquête à Alexandrie et Antioche ; il pirate le concile de Nicomédie durant lequel les antiochiens entendaient trouver un compromis entre Arius et ses soutiens (Eusèbe de Césarée qui n’hésite pas à encourir l’excommunication, Eusèbe de Nicomédie et l’évêque Wulfilla) et ses opposants (Alexandre puis Pierre d’Alexandrie, Marcel d’Ancyre ). Le concile tourne au tribunal Arius et ses théories contenues
pour l’essentiel dans la  »Thaleia » sont condamnés. C’est le premier tribunal d’une longue série.

Les supporters d’Arius souffrent de division interne entre homéens (similitude non substantielle) et
homousiens (admettant une substance semblable mais non identique).

A l’issue du concile, la position de Constantin est triple :

  • à l’intérieur de l’empire, il soutient la théologie d’Alexandre d’Alexandrie relayée plus tard par Athanase, telle que validée par le concile ;
  • à l’extérieur de l’empire, il envoie Wufilla évangéliser les goths. L’arianisme sera la doctrine chrétienne de tous les peuples dits  »barbares » qui se répandront sur l’Europe Occidentale, l’Espagne (Wisigoths), l’Afrique du Nord (Vandales) et jusqu’à Rome, on connaîtra des cas de double épiscopat ;
  • pour son usage personnel, ses fils dont Constance, sont élevés dans l’arianisme tandis que, sur son lit de mort, c’est à Eusèbe de Césarée que Constantin demandera le baptême.

*431 : Entre Nestor de Constantinople et Cyrille d’Alexandrie, le torchon brûle. Un enjeu de pouvoir se joue
outre le débat théologique ; l’un a réformé la vie chrétienne à la cour impériale non sans se faire des ennemis et l’autre est l’évêque du grenier à blé de l’empire. Aussi, au concile ‘Éphèse.
quand Nestor propose « Marie mère du Christ« , Cyrille rétorque « Marie héotokos »
i.e. porteuse (au sens obstétrique) de Dieu et l’empereur tranche en faveur de Cyrille en dépit du manque de logique de la chose sur un plan philosophique. Le schisme d’avec l’église de Constantinople à l’issue de ce concile est à l’origine des Églises des deux conciles ou nestoriennes tandis que se disent melkites celles qui, au proche orient, adoptent la « religion du roi » (de melek, le roi, en
hébreu)

*août 449, le deuxième concile d’Ephèse, concile convoqué par Eutychès avec l’accord de l’empereur pour trouver un compromis entre les tenants des diverses formes de double nature ayant alors cours. Il propose l’idée que la nature divine se fond dans la nature humaine après l’incarnation. Les occidentaux récusent ce concile qu’ils nomment le « brigandage d’Ephèse« . Pourtant remarquablement absents de tous ces débats, les occidentaux prétendent qu’on fait la part trop belle au
monophysisme tandis que les orientaux, entre toutes ces christologies, savent distinguer entre monophysisme, miaphysisme, et plus tard, monoénergisme10, sous l’impulsion de Serge 1er, évêque et d’Héraclius 1er, empereur. Ce concile ouvre a première faille entre le christianisme oriental et le christianime occidental.

*451 : Le concile de Chalcédoine proclame que l’unique personne du Christ est à la fois de nature divine et humaine et condamne Eutychès. Ce dogme, accepté en Occident et par les populations hellénisées d’Orient
(ainsi que par l’Église géorgienne), est rejeté par de nombreux chrétiens d’Orient. Ce schisme d’avec le patriarcat de Constantinople, est à l’origine des Églises des trois conciles, parmi lesquelles l’église d’Arménie. On
appellera chalcédoniennes les Eglises partisanes des dogmes de ce concile et monophysites leurs opposants, en dépit de la plus grande variété de leurs christologies.

la pression de l’Islam

Au cours des VIIe-VIIIe siècle : Trois des centres du christianisme oriental (Alexandrie, Antioche et Jérusalem)
sont conquis par les armées musulmanes.

*695 : L’Église maronite (chalcédonienne) ne peut attendre aucun secours de Constantinople contre les armées musulmanes parce que, depuis 687, le patriarcat prétend leur imposer la doctrine chalcédonienne au dépens du melkisme. Elle rompt à la bataille d’Amioun contre Justinien II, empereur, avec le patriarcat qui représentait nominalement son centre. Cette victoire donne une identité nationale et une solide dent contre Constantinople. A cette occasion, L’évêque local, Jean Maron (parent et successeur du fondateur), considéré comme un pion sur l’échiquier occidental est reconnu par le pape de Rome qui n’exige « aucune condition doctrinale ».
Avec l’avancée de la conquête musulmane (la conquête de la syrie a lieu en 634) et sans recours auprès de
Constantinople, les maronites se tourneront vers la première puissance susceptible de leur assurer une protection. Ainsi commence la conquête occidentale des églises orientales.

*IXe siècle : Évangélisation des peuples slaves orientaux (autour de Kiev) qui se rattachent à Constantinople. Malgré la prestation de Grégoire le Grand, au 6ème siècle, le centre du christianisme
n’envisage de se déplacer vers l’occident qu’avec la reprise par Charlemagne du titre d’empereur d’occident, face à l’impératrice Irène dont il ne veut pas reconnaître la prééminence que tous les princes francs avaient reconnus à l’empereur d’Orient. A cette occasion, il installe son pape à Rome dans le même régime de complicité et de sujétion que l’évêque de Constantinople entretenait avec l’empereur de Byzance. Le partage de l’empire d’Occident ruine ce bel attelage.

*1054 : Lors du grand schisme d’Orient ou schisme de Rome, Constantinople et Rome s’excommunient mutuellement11.

1181 Lors des croisades, l’Église catholique romaine montre une puissance telle qu’elle peut projeter
ses armées en Orient et remporter des victoires. Les maronites demandent donc leur rattachement en 1181 à l’Église catholique romaine lors de la création du Comté de Tripoli (1110-1289). Ils abandonnent leur christologie propre mais, au début au moins, gardent leur liturgie et leur
paramentique, perdue depuis. Ainsi est créé le modèle de l’uniatisme.

Institutions collégiales

C’est la structure même de la création des églises en Orient qui les rend collégiales. Si l’on
en croit Peter Brown12, dans un pays majoritairement « paien », des collectivités
proto-chrétiennes se forment autour d’un « saint-homme » si à la sortie du village et forment là une espèce
de contre-pouvoir contre le potentat local ou la dureté des temps.

Le voyage d’Ossius d’églises en églises pour s’enquérir de la position de l’évêque du lieu (élu en synode régoinal, mot grec pour concile ) sur le débat entre Alexandre et Arius, montre que les débats doctrinaux ne sont connus que par le refuge pris par tel ou tel poursuivi par la justice locale d’un autre évêque montre la discontinuité des territoires ou par la diffusion d’un livre recopié.

Les institutions de décisions demeurent collégiales. « l’Eglise orthodoxe », dont parle la presse après avoir consulté wikipédia13, est la projection intellectuelle du modèle de l’église catholique occidentale centralisée sur une la réalité collégialité orthodoxe.

  • Il n’y a pas de centralité mais un collège de 4 patriarcats ; dans l’antiquité tardive, Rome était le 5ème patriarcat. Actuellement, le rôle du 5ème est tenu par le patriarcat de Moscou.
  • le caractère national des églises accentue cette collégialité et joue un rôle dans
    les difficultés des églises uniates comme dans les difficultés de l’oecuménisme14y compris inter-orthodoxe.

Depuis 1964 se prépare un concile pan orthodoxe15.

Enfin, Le COE facilite des rencontres16 et des prises de décisions (non doctrinales) entre les églises des 7 conciles et les églises pré-chalcédoniennes ou non chalcédoniennes

Notes et références

4Robin Lane Fox, Païens et chrétiens : La religion et la vie religieuse dans l’Empire romain de la mort de Commode au Concile de Nicée, Presses Universitaires du Mirail, 1997

5P. Chuvin, Chronique des derniers païens : la disparition du paganisme dans l’Empire romain du règne de Constantin à celui de Justinien, Paris, Les Belles Lettres/Fayard,

6Il en résulte que John Scheid, dans son cours « Sacrifier à l’empereur, sacrifier pour l’empereur » (en 2007) au Collège de France remet en cause la possibilité pour Néron d’avoir des chrétiens à persécuter, d’autant que les années 60 de ce millénaire, c’est un peu tôt pour qu’il ait des chrétiens distincts des juifs. Voir aussi le tableau des persécutions selon André Mandouze

8Roger S. Bagnall, « Egypt in Late Antiquity », Princeton,
Princeton University Press, 1993

9Olivier Chaline, « La reconquête catholique de l’Europe centrale, XVIe-XVIIIe siècle », Paris, Le Cerf, 1998. recension

11excomunication levée en 1965

12[recension de Peter Brown, « la société et le sacré dans l’antiquité tardive »

13[
des conséquences
commencent à se faire sentir de ce type d’informations basés sur une source non crédible. Dossier ElKabbach, chez Arrêt sur Image

14 difficultés intra-orthodoxes suite à une désinformation fournie par la presse faute de compréhension de la question de la primauté par les journalistes d’actualité religieuse de la grande presse

16
réunion confessionnelle »
inter-orthodoxe de samedi, 18 février 2006

indexation

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