Imprimatur


L’imprimatur, ou autorisation de publier, si l’on considère la théologie catholique, n’est jamais donnée par « le Vatican1 » mais par « l’ordinaire du lieu », c’est à dire l’évêque et pour les ordres religieux, par le supérieur de la congrégation ou le supérieur majeur si le local est empêché ou s’il y a soupçon de litige.

Cette subsidiarité permet aux évêques de décerner l’imprimatur sur des sujets dont ils ne connaissent pas grand chose.

L’anecdote de Mgr Thomas, évêque de Corse qui n’était pas un exégète biblique de premier rang mais se voulait moderniste produit involontairement une révolution du droit canonique. Au nom des pouvoirs que lui confère cette subsidiarité, il décerna l’imprimatur au « Christ hébreu » de Tresmontant, avec préface élogieuse à la clef.

L’ouvrage consiste pour un tiers en une auto-célébration de l’auteur et pour deux-tiers une théorie minoritaire d’un original des évangiles en hébreu. En quoi, l’évêque se rendit ridicule et l’ECAR modifia le régime de l’imprimatur qui doit maintenant être donné collégialement depuis JP II, à savoir par la congrégation pour la doctrine de la foi de l’église nationale. Cette anecdote me fut contée par un feu ami catholique, Hervé Boulic, qui était directeur de collection au Centurion

Deux sources récentes exposent ce processus :

  • la théorie collectée dans le code de droit canonique de Pie IX (en latin, ce qui est une façon d’entretenir ses connaissances). Ce code est constitué comme tel en 1917. De la réforme grégorienne jusqu’au 11ème siècle, il était une simple compilation de jurisprudence  ; il se codifie au 12ème siècle (Concorde des droits discordants de 1140) au moment où l’université de Bologne constitue le droit civil en droit positif.
  • et le « journal d’un théologien » de Yves Congar o.p. qui raconte la pratique et les difficultés que rencontra la publication de «  Chrétiens désunis » dans les années 1933-36

Contrairement à l’opinion des catholiques de base, tous les ouvrages réputés chrétiens même catholiques n’ont pas besoin d’imprimatur pour avoir solidité du contenu et validité Par exemple, les grands exégètes catholiques ne demandent jamais l’imprimatur, en tot cas, plus depuis 1967. Cela veut dire que ni Jean-Louis Ska s.j. (un exégète de premier rang du Pentateuque) ni Etienne Nodet o.p, (un historien de premier rang du christianisme ancien et du judaïsme hellénistique, ancien patron de ‘école de Ratisbonne) ne demandent jamais l’imprimatur pour publier leurs travaux.

Enfin , pour répondre à ce Q/Riste « naïf » qui demandait si les publications TJ bénéficiaient de l’imprimatur, malgré le Titre III de Pastor Aeternus, aucun membre d’une autre religion que catholique ne songerait à réclamer « l’imprimatur au Vatican » ; le Vatican n’a ni autorité ni légitimité sur les non-catholiques.

Notes

1Vatican qui n’existe comme lieu central de l’église catholique romaine que depuis 1929

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