trois regards sur l’art contemporain


Blasphème du jour :

Plonger un crucifix dans de la pisse, est-ce moins grave que brûler un coran?

A Avignon est exposée, dans une manifestation d’art contemporain, une photo d’un artiste américain nommé Andrès Serrano, représentant un crucifix plongé dans un verre de pisse (de l’artiste, il paraît). Cette œuvre date déjà de 1987 et a déjà été plusieurs fois exposée mais là ça coince : une asso de jeunes cathos (un peu extrémistes, du genre « Christ Roi ») relayée par l’évêque local, proteste.

Alors quelle réaction faut-il attendre de la part des chrétiens ?

Quand un « pasteur » américain a brûlé un coran, une foule musulmane en furie a attaqué en représailles un bureau de l’ONU et massacré une vingtaine de personnes. Un Français (Alsacien) a également brûlé un coran, mais pas complètement puisqu’il a ensuite pissé dessus pour éteindre l’incendie, et il a mis la vidéo sur YouTube. il n’a eu droit qu’à 4 mois de prison avec sursis et 10 000 € d’amende.

Alors pour le crucifix plongé dans de l’urine, que vont faire les chrétiens ? Attaquer Disneyland et massacrer Mickey, Dingo, Blanche-Neige et les nains ? Démonter un Mac Donald’s ? Photographier une réplique miniature de la statue de la Liberté plongée dans de la merde ?

HaCa, athée

Plusieurs façon de comprendre la chose sont possibles

Qu’est devenu l’art contemporain. ?

L’art contemporain n’a plus grand sens depuis que la fonction de « critique de la société » lui a été assignée qu’il a traduite en « la transgression », devenue un mot d’ordre.

Disposer des éléments d’une culture héritee, c’est à dire des savoirs qui replacent l’oeuvre dans un contexte vaut pour toutes les oeuvres sauf pour l’oeuvre contemporaine depuis le « ready made ». Ce type d’oeuvre fait-il encore appel à l’intelligence ? Ce type d’art, qui expose un objet ordinaire, ne fonctionne que dans un réseau de relations symboliques mis en place par Un cadre institutionnel. Sans cette autorité, l’objet n’est ni perçu ni accrédité comme oeuvre. Pour qu’une oeuvre soit oeuvre, il faut qu’elle soit désignée comme telle par une autorité et qu’on la mette dans un musée, dans une exposition. Un urinoir dans les toilettes d’un aéroport n’est pas une oeuvre ; mis dans un musée par Duchamp, il en devient une par le discours, voir le culot du candidat artiste.

Le discours tenu sur l’oeuvre par son auteur est devenue la partie principale de la production artistique en lieu et place de l »oeuvre elle-même, selon une anecdote contée par le peintre Vanhove, une peintre résolument figurative .

Dans l’art « traditionnel », spécifiquement l’art plastique figuratif, l’oeuvre d’art était la pièce principale et peu importait le discours de l’artiste. L’oeuvre prenait le public « là où il est » et l’emmenait dans des dimensions que je qualifierais de métaphysique. Plus on fréquentait l’oeuvre, plus on voyageait « loin ». Il suffit de se souvenir de « ce petit pan de mur jaune » qui accompagne la mort de Bergotte sur 4 pages dans « la Recherche du temps perdu  » Ce petit pan de mur jaune est un détail de la Vue de Delft de Hans Vermeer qui n’existe peut-être pas. Il n’est pas besoin de savoir qui est Grunewald pour être bouleversé par le retable. Il n’est pas besoin de connaitre les 3 glorieuses pour comprendre que Victor Hugo transpose « la liberté guidant le peuple » dans Esméralda. On n’a pas besoin d’être expert pour vivre un choc au contact des oeuvres ; leur fréquentation donne la culture et enrichit la vision du monde , elle développe la capacité de comprendre. La fréquentation des oeuvres géniales produit une culture du goût (Cf. « l‘analytique du sublime » de Kant : un art matérialise l’unité dans une société, paragraphe 40 sur le sens commun) La vocation du musée  consiste à montrer la continuité de Kant et a pour fonction de partager les valeurs universelles comme le montre les files d’attente devant l’exposition Monet (et actuellement Manet)

A l’heure actuelle, dans l’art conceptuel, celui auquel personne n’accède sans le discours de l’artiste, l’oeuvre passe derrière l’artiste qui se met en avant par « son audace », « son caractère décapant » .. tout vocabulaire qui signifie « la transgression » des valeurs communes, forcement conformistes. L’artiste ne s’adresse plus au public ; il se parle tout seul et secondairement au petit cercle de la critique, un petit cercle qui se veut « initié ». Le message est « en ai-je assez fait ? ai-je osé plus loin que les autres ? » La question du geste snob dans l’art contemporain depuis la période ouverte par Duchamp qui ajoute au musée : l’institution. Dans ce cas, la culture nous éloigne de l’oeuvre en ce sens qu’un l’insitution est un argument d’autorité qui n’a plus rien à voir avec le goût et encore moins avec l’idée d’une beauté universelle. L’ambiguïté de l’art contemporain tient au fait qu’il est non—identifiable tel  quel ; le ready made est objet commun sans savoir faire artisanal particulier La recherche du beau n’est plus la cible, ce n’es plus l’expression romantique de la singularité de l’auteur. Toutefois, on ne peut prétendre être un artiste dans le sésame de l’autorité qui cautionne, qui a le droit de vie et de mort sur l’oeuvre donc sur l’artiste. « Il faut l’accoutrement de l’artiste pour savoir que c’en est un » expose Nathalie Hennigch dans le triple jeu de l’art contemporain.

Cet art n’a quasi aucune audience dans le public sauf par le bais de la commande publique ou des cercles d’investisseurs. Le discours du Ministère de la culture sur « l’éducation des publics à l’art contemporain » montre que ces expositions sont peu fréquentées et les oeuvres peu appréciées sauf « déformation » du public Rien à voir avec les queues d’une demie nuit pour admirer une exposition Monet ou Manet.

Les collectionneurs achètent les oeuvres comme on achète des titres en bourse non pour célébrer l’artiste mais pour revendre les oeuvres quand leur prix a monté, le plus souvent sous l’effet du scandale. les collectionneurs n’achètent pas ce que leur goût leur commande mais ce qu’un conseiller artistique leur recommande. Le plus en vue fut Jean-Jacques Aillagon, ex-ministre de la Culture auprès de Bernard Arnaud, le PDG de LVMH. L’art a quitté le monde du « goût » pour devenir une affaire de marché,, c’est à dire quelque chose de proche de l’art de masse ou de consommation..

la liberté d’expression de l’artiste est-elle à sens unique ?

1-Donc, si les chrétiens font monter le scandale ou demandent et obtiennent l’interdiction de l’exposition, l’artiste passe pour « maudit » et les prix montent ; les chrétiens passent pour intolérants, ultras, fondamentalistes, moyen-âgeux. En quelque sorte, un certain terrorisme intellectuel leur interdit de manifester leur point de vue critique comme leur désaccord.

2- d’un point de vue théologique, signer la pétition pour obtenir l’interdiction revient à avouer que « la Croix » est une idole au lieu d’être un symbole .

3- Néanmoins, mon avis est que la provocation de Andrès Serrano est du même ordre que celle de Terry Jones et pour les mêmes raisons. La seule différence est la spécialité dans laquelle ils exercent leur commerce clérical.

Pharisien libéré, chrétien

Rebelle ? Vraiment rebelle ?

Je ne parviens pas à comprendre comment ce genre d’ « artiste » peut réellement croire qu’il « ose » quelque chose. Comment peut-il encore jouer la carte de la transgression alors qu’il n’y a plus rien à transgresser,tandis que la transgression ne présente plus le moindre danger. Une transgression sans danger ressemble au couteau de Lichtenberg : un couteau sans lame dont on a retiré le manche.

D’un côté je ne parviens pas à comprendre comment on peut s’aveugler à ce point, tant sur soi-même, que sur le monde dans lequel on vit. Et de l’autre, ça me fait quand même bien marrer, tous ces « artistes« , ces « rebelles« , qui se permettent la rébellion précisément parce qu’ils ne risquent rien, précisément parce que la rébellion est une institution. Je pense à un slogan publicitaire : « Les artistes rebelles sont à la FNAC« ….

C’est surtout ça qui me frappe, plus que les pseudos « blasphèmes ». Il n’y a pas de blasphème s’il n’y a pas une certaine conscience que l’on est en train de blasphémer, ou s’il n’y a pas une déférence envers ce que l’on profane : profaner une chose suppose d’avoir préalablement reconnu sa sacralité. Un athée véritable ne peut donc pas blasphémer Cet axiome permet d’ailleurs de démasquer les athées qui ont besoin du blasphème, qui en ont le goût, comme de faux athées, ou des athées ratés, rongés par le ressentiment.

Mais revenons à nos moutons : encore une fois, Terry Jones ou M. Je-pisse-sur-le-Christ font les malins parce qu’ils peuvent se le permettre. Pas sûr qu’on les aurait tant entendus au Moyen Âge ces rebelles…

Yahyâ, musulman

indexation

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Published in: on 16 avril 2011 at 4:28  Comments (17)  

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17 commentairesLaisser un commentaire

  1. oui, tout a fait le blasphème nécéssite la reconnaissance de la sacralité.

    par contre, on dire que signer la pétition (ce qui n’est pas mon cas) revient à avouer que la croix est une idole et non un symbole me semble un peu déplacer.

    Supposons que l’artiste a réellement voulu blasphémer.

    Un symbole fonctionne dans les deux sens : il peut servir à louer / montrer ce en quoi on croix ou on contraire attaquer / détruire ce à quoi on s’oppose.

    • dire que signer la pétition (ce qui n’est pas mon cas) revient à avouer que la croix est une idole et non un symbole me semble un peu déplacer.

      expliquez moi donc ça ? En quoi est-ce « déplacé » ?

      • en ce qu’on peut être attaché à un symbole en ce qui renvoie à autre chose sans pour autant en faire une idole et lui voué un culte.

        En attaquant le symbole on n’attaque pas que le symbole, mais aussi ce qu’il représente. Donc le symbole ici n’est pas une idole mais un vecteur vers le véritable objet d’adoration. Voir par exemple les décisions du second concile de Nicée sur le culte des icônes (que je ne pratique pas personellement). Denzinger § 600-603

        mais il est vrai que chez les protestants on a tendance à voir des idoles partout …

        déplacé n’est pas le bon mot … exagéré je dirais.

      • J’ai bien peur que l’Enchiridion Symbolorum, ne soit pas une source pour moi ?

      • source de quoi / pour quoi?

        Le denzinger n’est pas pour moi une source pour ma foi.

        En revanche je l’ai cité en ce qu’il contient un texte intéressant (le texte de Nicée II, mais j’aurai pu le citer dans l’histoire générale des conciles) sur la manière dont ont été compris la relation entre le symbole et ce à quoi il renvoi. En ce sens c’est une source.

      • En revanche je l’ai cité en ce qu’il contient un texte intéressant

        je connais l’Enchyridion comme source d’histoire du christianisme….. :-)) Vous n’avez pas besoin de tout m’expliquer. A quelqu’un qui me dit « les protestants vient des idoles partout », je pense juste puvoir répondre que le Denziger n’est pas une source pur ma foi.

        En quelque sorte, vous êtes arrivé affirmant combien mon propos était polémique et je vous ai invité par là, à réfléchir à votre propre expression

  2. […] *voir 3 regards sur l’art contemporain […]

  3. précisons : une source en ce qu’il contient des textes historiques, plus ou moins bien établis (mais ceci est un autre problème)

    • J’ai bien compris D’ailleurs, la formulation de ma réponse montrait que je connaissais l’ouvrage. C’est pourquoi j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi vous entreprenez de m’expliquer de quoi il retourne. De même votre réaction sur « les protestants face à la tradition » suppose que ces gens-là sont tous bornés et ne savent pas faire la différence entre la description objective des caractéristiques d’une religion , et leurs choix théologiques.

      • hein ?

        je répondais à votre propos car je ne comprenais pas en quoi le denzinger n’était pas pour vous une source. Vous vous placiez sur le terrain de la foi, je me plaçais sur un terrain plus historique : d’où le malentendu.

        quant au réaction sur « les protestants façe à là tradition » je suppose que vous faites allusion à l’autre billet et l’autre fils de discussion.

        Mais je ne dis pas que les protestants sont tous bornés. Sinon je n’aurais jamais étudié 3 en en licence chez eux (IPT) et je n’aurais pas fait le choix de continuer mon master chez eux (Faculté de Strasbourg). Et d’ailleurs si je pensais que les protestants étaient tous bornés, je ne prendrais pas le temps de répondre à chaque message pour tenter d’expliquer ma position.

        Tout étais parti au départ d’un désaccord sur ce qui constitue la différence entre catholiscime et protestantisme, et je disais que ce désaccord venait du fait que nous n’avions pas le même réferentiel théologique. En me plaçant du point de vue d’un catholique qui a étudié la théologie protestante, je vous dit que je suis en désaccord avec la position d’André Gounelle (que vous avez fait votre) sur ce qui constitue la différence entre protestantisme et catholicisme.

        Et je dit aussi que les termes « d’ajout » et de « non-biblique » peuvent aussi avoir une connotation péjorative.
        Peut-être que dans votre bouche il n’en ait rien et c’est tant mieux, mais ne faites pas semblant de croire que cela est vrai en général.

        Sur ce je crois qu’il vaut mieux arrêter cette conversation qui tourne en rond. Mais je suis sûr que si nous nous rencontrions dans la vrai vie nous verrions que notre dispute n’a pas lieu d’être parcequ’elle ne se place pas sur le même terrain.

      • Tout étais parti au départ d’un désaccord sur ce qui constitue la différence entre catholiscime et protestantisme, et je disais que ce désaccord venait du fait que nous n’avions pas le même réferentiel théologique.

        Je me plaçais sur un plan factuel et non sur un plan théologique Vous voulez croire le contraire en sorte d’affaiblir le caractère factuel de la description

        je vous dit que je suis en désaccord avec la position d’André Gounelle (que vous avez fait votre)

        Malgré mon estime envers le Pr Gounelle, je n’ai pas eu besoin de lui pour établir cette liste de différences qui, d’ailleurs, ne dépend pas de mon horizon théologique mais de cours de catholicisme qui m’ont été donnés par un jésuite.

        mais ne faites pas semblant de croire que cela est vrai en général.

        Ce genre de remarque me conduit à m’interroger sur vos 3 ans à l’ITP . Êtes vous certain que ce n’est pas à Vaux que vous avez étudié ?

  4. non, non, je vous assure que c’est à l’IPT que j’ai étudié … (vous savez on ne fait pas 3 ans à un endroit sans en connaître le nom). Et je vous garanti que ce type de reflexion, même inconsciente existe aussi à l’IPT.

    Je n’ai pas dit que votre prise de position était théologique. Mais vous savez bien qu’il n’existe pas de fait brut, mais uniquement des fait interprétés.

    • je disais que ce désaccord venait du fait que nous n’avions pas le même réferentiel théologique.

      Donc, vous disiez ben que ma position était théologique.

      uniquement des fait interprétés.

      Et donc, quels sont les éléments qui vous semblent interprétés sachant que vous attribuez la liste que j’ai donnée au bouquin de Gagnebin et Gounelle et moi à un devoir sur table dans un cours de catholicisme donné par un jésuite ?
      J’aurais tendance à penser que si 2 horizons différents se rencontrent sur cette liste, on est carrément proche de l’objectivité ?

      • Ce n’est pas parceque je dis que nous n’avons pas le même réferentiel théologique que je dis que votre interpétation est théologique.

        C’est le b.a bas de l’historiographie (lire n’importe quel cour d’historiographie de 1er année de licence d’histoire) que l’historien (et c’est valable aussi pour le sociologue) par avec une ensemble d’élèment personnel (historie familiale, appartenance à telle ou telle courante de pensée etc.) qui influence son interprétation.

        En l’occurence pour ce point chez vous c’est votre protestantisme, chez moi c’est mon catholiscisme.

        A mes yeux ce qui caractérise la différence entre protestant et catholique c’est l’accent des premiers sur la justification par la grâce. Et c’est de cette accent que découlent vos 3 élèments (pape, marie, messe).

      • A mes yeux ce qui caractérise la différence entre protestant et catholique c’est l’accent des premiers sur la justification par la grâce.

        Ouaip! Mais moi, je ne fais pas de catéchisme . Dans l’article sur les différences entre catholiques et protestants, je tente de aire de « l‘enseignement laïc du fait religieux » Il n’y a peut être pas de « faits bruts » mais il y a des faits concrets parmi lesquels :
        *le type de gouvernance
        *le libre examen,
        *etc…
        qui me semblent bien plus importants, d’un point de vue historique et social.

  5. a !

    je comprend mieux alors votre explication. Disons que votre enseignement laïc du fait religieux peut très bien aller pour du secondaire ou de la vulgarisation grand public.

    Que la question du type de gouvernance etc. ait eu plus d’impact concret que la question de libre arbitre et de la grâce, je suis d’accord avec vous.

    Pour autant je ne pense pas qu’on puisse détacher l’histoire des pratiques de l’histoire des idées qui les supporte (disons qu’on est dans un rapport dialectique entre idée (la grâce etc.) et pratique (le type de gouvernance, le libre examen) etc.

    Suivant le public et le « niveau » visés on mettra l’accent sur l’un ou sur l’autre. En gros ce que je reprochais à votre article c’est de partir de cas spécifique (Marie, Pape, Eucharistie etc.) au lieu de remonter au problème de base d’où découle ce type de cas. Hors c’est avec ce type de chose qu’on entend des gens, par ailleurs extrêmement cultivés, qui vont vous dire « les protestants ne reconnaissent pas Marie » (ce qui en soi ne veut rien dire : on ne reconnait pas une personne, on reconnait un statut à une personne).

    Par ailleurs vos points que vous soulignait était sans doute vrai dans le passé, mais aujourd’hui pour le « catholique lambda » c’est beaucoup plus complexe : un certain nombre se contre-fichent du pape, de marie et (moins courant) de l’eucharistie. Quoique avec la réaction actuelle au sein de l’ECR cela est moins vrai que dans les années 70-80.

    En bref : on ne partait pas des même base et on ne visait pas la même chose

  6. […] des âneries comme Christ Piss. Dire que "c’est de l’art" est un dogme qu’il est politiquement incorrect de contester, par exemple en disant que l’artiste contemporain ne sait pas quoi faire pour devenir […]


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