L’athéisme populaire est arrivé !


On a tout à fait le droit de croire que les religions sont des sornettes. Évidemment, quand on le dit en public, on s’expose à la critique ; on montre qu’on ne peut pas en percevoir les intérêts culturels au prétexte qu’on n’y croit pas. Le prétexte est mince car nombre de religions auxquelles « je » (mis pour « on ») ne crois pas me semblent « diablement » intéressantes et véhicule de cultures voire de culture.

Revendiquer « un QI en moyenne supérieur à celui des croyants« 1 est une constante de l’athéisme populaire. Quoique le QI soit très discuté par les scientifiques, ça ne mange pas de pain de s’en targuer comme d’autres se targuaient d’avoir des ancêtres.

Ce sentiment de supériorité, exposé par les athées prosélytes tels que représentés dans les forums,  ne provient que de la branche fondamentaliste, celle qui affirme « on est les champions, on est les champions parce que nous, on est basés sur la science« . On se demande de quelle sorte de légitimité « supérieure« , il s’agit là parce que, dès qu’on gratte un peu, on se
rend compte que nombre de « sciences » échappent à ces champions du QI.

  • la littérature qui permet de distinguer le mythe de la fadaise,
  • la philologie (qui permet de comprendre quand une « personne » est un individu et quand elle n’est qu’un masque),
  • l’histoire, dont chacun sait qu’elle ne devient science qu’au 19ème siècle,
  • la sociologie des religions qui renseigne sur l’éventail des courants disponibles,
  • la géopolitique qui contredit le dogme athée que les religions sont à l’origine de toutes les guerres,
  • la philosophie qui permet de comprendre pourquoi les affirmations « Dieu existe » et « Dieu n’existe pas » sont une seule et même croyance vue sous deux angles différents.

Depuis que les humanités ne sont plus enseignées, l’athéisme populaire n’est plus basé ni sur la science ni sur la raison mais sur la crainte d’être dupe et l’affirmation que l’autre est dupe. D’où le sentiment de upériorité ! Si l’autre est dupe, « on est les champions, on est les champions« . On affirme un numéro d’eulogie (dire du bien de soi en disant du mal des autres) dans lequel l’athée radicalement inculte ne se rend pas compte que si le croyant est aussi nèfle qu’il vient de le dire il n’y a
pas grand mérite à être un champion. Si tel est le modèle de l’être rationnel et du QI flamboyant, je préfère franchement être
croyant quitte à passer pour un imbécile.

Une belle brochette d’athées répondra « qu’ils ne se sentent pas supérieurs mais« . Après le « mais » viendront les items sur lesquels ils se sentent effectivement supérieurs.

Certains ne s’adressent à leurs interlocuteurs croyants qu’à la manière d’un instituteur dans une cour de récréation (« Mon grand« ) et déclarent sans rigoler « les monothéismes récusent tous l’évolution, c’est comme ça« . Le « c’est comme ça » est d’autant plus savoureux que les faits dont témoignent les documents plus ou moins anciens, contredisent cette affirmation péremptoire. D’autres présentent de beaux cas de « dissonance cognitive » en cela qu’ils ne peuvent analyser leurs propres écrits essentiellement composés d’insultes et d’idéologie,
donc de prosélytisme..

Le triangle mimétique de Girard

Le triangle mimétique de Girard entre croyants et athées fonctionne peut-être aussi.

  • Le croyant a la foi et l’athée ne comprend pas ce que c’est. Il est donc bon de dire que c’est des sornettes ou que « Dieu c’est comme le père noël : ça n’existe pas« , d’autant que le croyant est embarrassé pour la décrire. Le principe est simple : le croyant dispose d’un truc que l’athée ne parvient pas à « réduire » ; il lui faut donc le détruire.

A la limite, l’athée, cette fois-ci au delà de la frange radicalo-inculte, tentera de montrer que la religion du croyant n’est pas le fruit d’un vrai choix »puisqu’héritée des parents« . Il omettra, pour la circonstance, la crise d’adolescence et d’opposition aux parents et la sociologie qui montre qu’une religion, même transmise, n’est pas chose immuable ; par exemple, il y a un monde entre le catholicisme décrit par Michel Onfray (qui en est resté au catholicisme d’avant Vatican-II) et celui professé de nos jours (même si les courants les plus bruyants se composent de catholiques-charismatiques et de catholiques 5Pi10)

l’athée radical se targue

  • d’avoir « la liberté de pensée,
  • de ne pas être endoctriné,
  • d’être libre de baiser comme un
    bouc
  • et de bouffer jusqu’à se faire péter la sous-ventrière ».

Il espère bien par là faire envie au croyant et le mettre dans un état de frustration. Cela marche assez bien avec les fondamentalistes qui s’inventent des obligations et
des interdits que la religion « en version historique » n’exige pas ; ils transposent donc ces libertés revendiquées comme un « monopole athée » en immoralisme.

Réciproquement, il est pas plus possible d’enseigner à un athée rosélyte que, contrairement à un dogme athée bien connu, toutes le religions ne sont pas « basées sur le dogme » que d’enseigner
à un musulman prosélyte que la trinité n’est pas décrétée à Nicée, mais plus tard.

Est-il philosophiquement libre celui qui a besoin, pour s’entendre exister, de se sentir « supérieur » à un quidam au seul prétexte que son monde philosophique est différent du sien ?

Pharisien Libéré 21 fev 2012

si vous avez le temps de penser

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