Lettre à un ami athée


Tu revendiques le droit au blasphème comme un signe de santé d’une société et l’indicateur de l’humour des croyants. Le droit au blasphème est une revendication du droit à l’insulte que la liberté d’expression n’a jamais inclus.

A mon avis, tu peux te vanter de te marrer en lisant Gn 1 ou 2 ou ne voir que le salace dans l’épisode de Lot et ses filles. A ta place, j’hésiterais. Quand tu te marres, tu montres que tu n’es pas capable de lire ce texte à plus d’un niveau. Pour Léda et son "zoziau", même topo ! Si tu te marres, tu indiques que tu as cessé de penser le texte et que tu n’as saisi pas encore les raisons pour lesquels nos anciens le tenaient pour un enseignement.. Je n’ose pas penser à la commisération dans le regard des spécialistes de mythologie grecque, certains athées, que cette expression t’attirerait. . C’est bien la peine de t’affirmer "libre de penser face au dogme" !

La revendication du droit au blasphème, c’est autre chose que de se marrer quand tu comprend pas. C’est faire passer pour de l’art des âneries comme Christ Piss. Dire que "c’est de l’art" est un dogme qu’il est politiquement incorrect de contester, par exemple en disant que l’artiste contemporain ne sait pas quoi faire pour devenir célèbre faute d’inspiration ou de talent. Ce qui blesse
le croyant, dans Christ Piss, ce n’est pas tant l’image mais le fait qu’elle soit révérée comme "art" et par là, intouchable ; il devient interdit d’en souligner le mauvais goût sauf à le qualifier de "transgression", le Graal de l’artiste contemporain sublime, forcément sublime..

J’observe que, quand je me paie les dogmes athées, la plupart des athées font grise mine tandis que les autres, m’insultent et me traitent "d’d’extrémiste" voire de "faire une "fixette", "une obsession" qui témoignerait autant dire d’une maladie mentale ! On a même vu surgir le terme "athéophobe" qui transforme en "peur" ou en "racisme" toute critique du fondamentalisme athée. Les athées, dans leur ensemble, nient l’existence du moindre extrémisme, du moindre prosélytisme, à croire que les chercheurs qui en parlent ont tous la berlue. Tous nient que l’athéisme joua, dans les pays du "communisme réalisé", le même rôle que le catholicisme dans la royauté occidentale de droit divin, partant que le goulag qui enferma des orthodoxes et des popes parce que croyants ont bien des points communs avec l’Inquisition. Le totalitarisme quand il est athée n’est pas très différent des totalitarismes religieux.

Si tu revendiques le droit au blasphème, quand il s’agit des monothéismes, tu devrais soutenir mes activités quand je relève toutes les âneries sur les religions auxquelles croient tes "em>coreligionnaires" du courant éradicateur. Tu préfères croire que ces analyses blessent la communauté des athées !

On voit surgir l’objection de la "généralisation hâtive" pour botter en touche et éviter de répondre ou des offensives de lynchage numérique quand le/la participant est moins fûté(e) qu’on aurait pu
l’espérer. Prospèrent aussi les affirmations que "l’athéisme n’est pas une croyance" contre Comte-Sponville qui parle de "croyance négative", qu’il n’est "pas une doctrine" comme si le mot était réservé aux religions, qu’il se limite à "croire que Dieu n’existe pas"… Mais, dans ce cas, pourquoi soutenir le droit au blasphème ? Manifeste que ma critique des stéréotypes athées met dans le mille, celui du blasphème.

Les athées ont le droit de se moquer des croyants mais un croyant qui se moque des outrances athées, là, c’est insupportable !! Dire que les athées sont prosélytes,
par exemple, est insupportable ; pourtant, c’est facilement observable. Dire qu’ils sont incultes sur les sujets religieux, ça te choque et tu accuses d’élitisme là où
d’autres parlent de pédantisme ou de cuistrerie) mais tu ne réfléchis pas un instant de la nécessité de savoir quelque chose du fait religieux avant d’affirmer que les religions "sont un cancer de l’humanité" alors que pour parler de foot ou de bagnoles, un bagage minimum est requis.

Je dirais que si tu veux revendiquer le droit au blasphème, tu dois supporter d’être traité comme tu traites
"le croyant", un modèle qui n’existe pas plus que "la femme" ou "le juif". De ce fait, je serais toi, je réfléchirais au point limite de ce que tu peux supporter pour savoir jusqu’où tu eux blasphémer.

Pharisien Libéré, 14 mai 12

identificateurs technorati

, , , , ,

Published in: on 24 septembre 2013 at 6:47  Comments (1)  

The URI to TrackBack this entry is: https://pharisienlibere.wordpress.com/2013/09/24/lettre-a-un-ami-athee/trackback/

RSS feed for comments on this post.

One CommentLaisser un commentaire

  1. Certes, un athée doit être capable de supporter le même degré d’ironie que celui qu’il adresse aux croyants. Mais la notion de blasphème, elle n’est pleine de sens que pour quelqu’un qui craint d’offenser une divinité, ou un être supérieur qui domine les humains. Si je dis que le Serpent à plumes des Aztèques ne devait pas être très futé pour se laisser renverser par le Miroir fumant, je blasphème tout autant que si j’affirme que, pour un créateur de l’univers, se créer un fils et l’envoyer sur Terre se faire clouer pour racheter les péchés du monde est une trouvaille qui raflerait à coup sûr le premier prix du concours Lépine. Revendiquer le droit au blasphème est sans doute maladroit de la part des non-croyants puisqu’il vous permet de dénoncer chez eux la reconnaissance du sens du mot. Ce n’est pas le cas, il s’agit là de simples moqueries à l’adresse de croyances qui nous paraissent déraisonnables, d’une absence totale et légitime de respect à leur égard, ce qu’il ne faut pas confondre avec un manque de respect envers le croyant humain, la personne. Et je me garderais bien, même, de mépriser la civilisation des Aztèque, alors que, peut-être, celle des Conquistadors…..!

    réponse

    « qu’il ne faut pas confondre avec un manque de respect envers le croyant humain, la personne »
    Quand l’église catholique, à propos de la gayté, dit « critiquer le péché n’est pas critiquer le pécheur » , vos coreligionnaires parlent d’hypocrisie. J’appliquerais donc le même barème.
    « il s’agit là de simples moqueries à l’adresse de croyances qui nous paraissent déraisonnables, »

    • D’une part, si vous n’y croyez pas (ce qui se comprend aisément), je ne perçois pas la nécessité de s’en moquer. Pour avoir tellement besoin d’affirmer la légitimité d’un si total manque de respect, il faut avoir besoin de transgresser. Que transgresse là l’interlocuteur athée s’il n’y croit pas ? Sit il tente de commémorer qu’il n’y croit plus (et le « total » et « légitime » témoignent à quel point ce fut difficile) , soit il s’en prend effectivement à celui qui ne pense pas comme lui.
    • D’autre part, les athées tiennent les fondamentalismes pour l’orthodoxie des religions qui les produisent. Cette croyance est d’autant plus déraisonnable que cela les conduit à attribuer à tout un chacun des doctrines (parce que les croyances en dépendent) réprouvées par la plupart des croyants de ladite religion. D’ordinaire, les mêmes athées n’hésitent à traiter d’hérétique ou d’apostat quiconque discute cette attribution.

    On se rend dès lors compte qu’il ne s’agit plus de simple moquerie ou d’ironie mais de volonté de coincer le croyant sans lui laisser la possibilité de se défendre sur la base d’une croyance athée dont votre coreligionnaire ne voudra pas démordre en dépit de son absence de fondement.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :