République et islamophobie

Dans l’esprit de deux sociologues qui affirment que l’islamophobie existe bel et bien, le problème musulman est une « création des élites« par le discours et par la loi. Ils mettent en avant les revendications de l’observatoire de l’islamophobie (voile, hallal, etc..) et s’élèvent contre la loi sur le voile à l’école, la loi à visage découvert et la charte de la laïcité qui sont autant d’outils de création de l’islamophobie. En quelque sorte, la république est islamophobe et monte les citoyens contre les musulmans par le biais de la loi.

(suite…)

L’athéisme populaire est arrivé !

On a tout à fait le droit de croire que les religions sont des sornettes. Évidemment, quand on le dit en public, on s’expose à la critique ; on montre qu’on ne peut pas en percevoir les intérêts culturels au prétexte qu’on n’y croit pas. Le prétexte est mince car nombre de religions auxquelles « je » (mis pour « on ») ne crois pas me semblent « diablement » intéressantes et véhicule de cultures voire de culture.

Revendiquer « un QI en moyenne supérieur à celui des croyants« 1 est une constante de l’athéisme populaire. Quoique le QI soit très discuté par les scientifiques, ça ne mange pas de pain de s’en targuer comme d’autres se targuaient d’avoir des ancêtres.

Ce sentiment de supériorité, exposé par les athées prosélytes tels que représentés dans les forums,  ne provient que de la branche fondamentaliste, celle qui affirme « on est les champions, on est les champions parce que nous, on est basés sur la science« . On se demande de quelle sorte de légitimité « supérieure« , il s’agit là parce que, dès qu’on gratte un peu, on se
rend compte que nombre de « sciences » échappent à ces champions du QI.

  • la littérature qui permet de distinguer le mythe de la fadaise,
  • la philologie (qui permet de comprendre quand une « personne » est un individu et quand elle n’est qu’un masque),
  • l’histoire, dont chacun sait qu’elle ne devient science qu’au 19ème siècle,
  • la sociologie des religions qui renseigne sur l’éventail des courants disponibles,
  • la géopolitique qui contredit le dogme athée que les religions sont à l’origine de toutes les guerres,
  • la philosophie qui permet de comprendre pourquoi les affirmations « Dieu existe » et « Dieu n’existe pas » sont une seule et même croyance vue sous deux angles différents.

Depuis que les humanités ne sont plus enseignées, l’athéisme populaire n’est plus basé ni sur la science ni sur la raison mais sur la crainte d’être dupe et l’affirmation que l’autre est dupe. D’où le sentiment de upériorité ! Si l’autre est dupe, « on est les champions, on est les champions« . On affirme un numéro d’eulogie (dire du bien de soi en disant du mal des autres) dans lequel l’athée radicalement inculte ne se rend pas compte que si le croyant est aussi nèfle qu’il vient de le dire il n’y a
pas grand mérite à être un champion. Si tel est le modèle de l’être rationnel et du QI flamboyant, je préfère franchement être
croyant quitte à passer pour un imbécile.

Une belle brochette d’athées répondra « qu’ils ne se sentent pas supérieurs mais« . Après le « mais » viendront les items sur lesquels ils se sentent effectivement supérieurs.

Certains ne s’adressent à leurs interlocuteurs croyants qu’à la manière d’un instituteur dans une cour de récréation (« Mon grand« ) et déclarent sans rigoler « les monothéismes récusent tous l’évolution, c’est comme ça« . Le « c’est comme ça » est d’autant plus savoureux que les faits dont témoignent les documents plus ou moins anciens, contredisent cette affirmation péremptoire. D’autres présentent de beaux cas de « dissonance cognitive » en cela qu’ils ne peuvent analyser leurs propres écrits essentiellement composés d’insultes et d’idéologie,
donc de prosélytisme..

Le triangle mimétique de Girard

Le triangle mimétique de Girard entre croyants et athées fonctionne peut-être aussi.

  • Le croyant a la foi et l’athée ne comprend pas ce que c’est. Il est donc bon de dire que c’est des sornettes ou que « Dieu c’est comme le père noël : ça n’existe pas« , d’autant que le croyant est embarrassé pour la décrire. Le principe est simple : le croyant dispose d’un truc que l’athée ne parvient pas à « réduire » ; il lui faut donc le détruire.

A la limite, l’athée, cette fois-ci au delà de la frange radicalo-inculte, tentera de montrer que la religion du croyant n’est pas le fruit d’un vrai choix »puisqu’héritée des parents« . Il omettra, pour la circonstance, la crise d’adolescence et d’opposition aux parents et la sociologie qui montre qu’une religion, même transmise, n’est pas chose immuable ; par exemple, il y a un monde entre le catholicisme décrit par Michel Onfray (qui en est resté au catholicisme d’avant Vatican-II) et celui professé de nos jours (même si les courants les plus bruyants se composent de catholiques-charismatiques et de catholiques 5Pi10)

l’athée radical se targue

  • d’avoir « la liberté de pensée,
  • de ne pas être endoctriné,
  • d’être libre de baiser comme un
    bouc
  • et de bouffer jusqu’à se faire péter la sous-ventrière ».

Il espère bien par là faire envie au croyant et le mettre dans un état de frustration. Cela marche assez bien avec les fondamentalistes qui s’inventent des obligations et
des interdits que la religion « en version historique » n’exige pas ; ils transposent donc ces libertés revendiquées comme un « monopole athée » en immoralisme.

Réciproquement, il est pas plus possible d’enseigner à un athée rosélyte que, contrairement à un dogme athée bien connu, toutes le religions ne sont pas « basées sur le dogme » que d’enseigner
à un musulman prosélyte que la trinité n’est pas décrétée à Nicée, mais plus tard.

Est-il philosophiquement libre celui qui a besoin, pour s’entendre exister, de se sentir « supérieur » à un quidam au seul prétexte que son monde philosophique est différent du sien ?

Pharisien Libéré 21 fev 2012

si vous avez le temps de penser

notes

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Lettre à un ami athée

Tu revendiques le droit au blasphème comme un signe de santé d’une société et l’indicateur de l’humour des croyants. Le droit au blasphème est une revendication du droit à l’insulte que la liberté d’expression n’a jamais inclus.

A mon avis, tu peux te vanter de te marrer en lisant Gn 1 ou 2 ou ne voir que le salace dans l’épisode de Lot et ses filles. A ta place, j’hésiterais. Quand tu te marres, tu montres que tu n’es pas capable de lire ce texte à plus d’un niveau. Pour Léda et son "zoziau", même topo ! Si tu te marres, tu indiques que tu as cessé de penser le texte et que tu n’as saisi pas encore les raisons pour lesquels nos anciens le tenaient pour un enseignement.. Je n’ose pas penser à la commisération dans le regard des spécialistes de mythologie grecque, certains athées, que cette expression t’attirerait. . C’est bien la peine de t’affirmer "libre de penser face au dogme" !

La revendication du droit au blasphème, c’est autre chose que de se marrer quand tu comprend pas. C’est faire passer pour de l’art des âneries comme Christ Piss. Dire que "c’est de l’art" est un dogme qu’il est politiquement incorrect de contester, par exemple en disant que l’artiste contemporain ne sait pas quoi faire pour devenir célèbre faute d’inspiration ou de talent. Ce qui blesse
le croyant, dans Christ Piss, ce n’est pas tant l’image mais le fait qu’elle soit révérée comme "art" et par là, intouchable ; il devient interdit d’en souligner le mauvais goût sauf à le qualifier de "transgression", le Graal de l’artiste contemporain sublime, forcément sublime..

J’observe que, quand je me paie les dogmes athées, la plupart des athées font grise mine tandis que les autres, m’insultent et me traitent "d’d’extrémiste" voire de "faire une "fixette", "une obsession" qui témoignerait autant dire d’une maladie mentale ! On a même vu surgir le terme "athéophobe" qui transforme en "peur" ou en "racisme" toute critique du fondamentalisme athée. Les athées, dans leur ensemble, nient l’existence du moindre extrémisme, du moindre prosélytisme, à croire que les chercheurs qui en parlent ont tous la berlue. Tous nient que l’athéisme joua, dans les pays du "communisme réalisé", le même rôle que le catholicisme dans la royauté occidentale de droit divin, partant que le goulag qui enferma des orthodoxes et des popes parce que croyants ont bien des points communs avec l’Inquisition. Le totalitarisme quand il est athée n’est pas très différent des totalitarismes religieux.

Si tu revendiques le droit au blasphème, quand il s’agit des monothéismes, tu devrais soutenir mes activités quand je relève toutes les âneries sur les religions auxquelles croient tes "em>coreligionnaires" du courant éradicateur. Tu préfères croire que ces analyses blessent la communauté des athées !

On voit surgir l’objection de la "généralisation hâtive" pour botter en touche et éviter de répondre ou des offensives de lynchage numérique quand le/la participant est moins fûté(e) qu’on aurait pu
l’espérer. Prospèrent aussi les affirmations que "l’athéisme n’est pas une croyance" contre Comte-Sponville qui parle de "croyance négative", qu’il n’est "pas une doctrine" comme si le mot était réservé aux religions, qu’il se limite à "croire que Dieu n’existe pas"… Mais, dans ce cas, pourquoi soutenir le droit au blasphème ? Manifeste que ma critique des stéréotypes athées met dans le mille, celui du blasphème.

Les athées ont le droit de se moquer des croyants mais un croyant qui se moque des outrances athées, là, c’est insupportable !! Dire que les athées sont prosélytes,
par exemple, est insupportable ; pourtant, c’est facilement observable. Dire qu’ils sont incultes sur les sujets religieux, ça te choque et tu accuses d’élitisme là où
d’autres parlent de pédantisme ou de cuistrerie) mais tu ne réfléchis pas un instant de la nécessité de savoir quelque chose du fait religieux avant d’affirmer que les religions "sont un cancer de l’humanité" alors que pour parler de foot ou de bagnoles, un bagage minimum est requis.

Je dirais que si tu veux revendiquer le droit au blasphème, tu dois supporter d’être traité comme tu traites
"le croyant", un modèle qui n’existe pas plus que "la femme" ou "le juif". De ce fait, je serais toi, je réfléchirais au point limite de ce que tu peux supporter pour savoir jusqu’où tu eux blasphémer.

Pharisien Libéré, 14 mai 12

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Published in: on 24 septembre 2013 at 6:47  Comments (1)  

L’interdiction du divorce est-elle le message essentiel du catholicisme romain ?

Madame Danièle Sallenave, de l’Académie française, s’interrogeait vendredi dernier sur le référendum maltais qui demandait aux citoyens s’ils seraient d’accord pour que l’état envisage une loi autorisant le divorce.

Référendum à Malte

En effet, la république de Malte, membre de l’union européenne depuis 2004 est le dernier état de l’Europe qui l’interdit. Malte reconnaît cependant la séparation légale mais, pour se remarier, il faut demander l’annulation « procédure longue, couteuse et décourageante« . Madame Sallenave ne dit pas que si la séparation légale est du domaine de l’état, l’annulation est du domaine du tribunal de la Rote, à savoir de l’église catholique Les maltais, dont une petite minorité n’est pas de religion catholique, se trouvent donc dans la situation ubuesque où se trouvaient les italiens avant la loi sur la dissolution du mariage n°898 du 1er décembre 1970. Cette situation aboutit à ce que seules les célébrités et les catégories sociales privilégiées peuvent soutenir ce type de procédure et parvenir à divorcer.

Le 30 mai dernier, les autorités maltaises ont posé par référendum la question suivante aux citoyens : « Êtes-vous d’accord pour proposer le divorce aux couples mariés qui sont séparés depuis 4 ans quand il n’y a pas de probabilité raisonnable de réconciliation et quand le bien-être des enfants est assuré ?« 

La réponse est tombée : 53, 2% de oui.

Mgr Paul Crémona, archevêque de la Valette a tenté de peser sur le vote en disant que « les maltais avaient à choisir entre construire et détruire les valeurs familiales.  » Des prêtres ont même menacé d’excommunier ceux qui voteraient « oui »… comme au temps où le cardinal Ottaviani faisait la tournée des paroisses italiennes, dans l’immédiate après 2nde guerre mondiale pour empêcher le mariage catholique des parteggianni (à savoir des résistants italiens du parti communiste) dans un état où le mariage civil n’existait pas. Il s’agissait de favoriser la diffusion des idées de la démocratie chrétienne et de nuire au parti communiste en pourrissant la vie quotidienne de ses militants.

Après la publication des résultats, l’archevêque a tenté de rattraper le coup.

(suite…)

euphémisme radical

La liberté des uns s’arrête-t-elle où commence celle des autres ?

Un internaute se plaint de la restriction des libertés religieuses en France dans les termes suivants :

Pourquoi la France libre et démocrate ne tolère plus la différence?

Que les gens prient dans les rues, que les femmes couvrent leurs cheveux, que les gens mangent Halal, qu’est ce qui pourrait dans tout ça ternir l’image de la France ? finalement n’est ce pas qu’en laissant s’exhiber les différences qu’on peut se vanter de les tolérer?

Saisissant ! Extrait de son contexte, on en viendrait à croire que notre beau pays est complètent replié sur lui-même, qu’il h’y a plus de modistes, qu’il n’y a plus d’échanges culturels, qu’on n ‘y n’apprend plus les langues étrangères et que toutes les « Alliances françaises » ont été fermées.

On va réintroduire un peu de contexte.

L’auteur de ces remarques est un internaute marocain ; il n’a jamais traversé la Méditerranée pour se rendre compte par lui-même. Dans ce cas précis, « que les femmes couvent leurs cheveux » ne signifie pas le retour des chapeaux dans la mode féminine mais que les femmes se couvrent d’un voile islamique ou d’un niquab.

Comme nombre d’activistes salafistes, il feint de croire que :

*l’interdiction du voile à l’école,

*l’interdiction de porter un niqab ou un casque intégral dans l’espace public

équivalent à une interdiction totale du voile musulman en France.

On peut lui préciser ce dont il retourne, il n’en démordra pas.

L’interdiction du niqab ternit-elle l’image de la France ? On peut aussi envisager la chose d’un autre point de vue que « religieux » et considérer que nous avons 40 ans de luttes féministes derrière nous et nous n’avons pas l’intention de laisser une minorité revenir là-dessus d’autant que la situation n’est pas encore idéale tant sur l’égalité des salaires que sur les dérapages verbaux d’une certaine classe médiatique à l’occasion de l’affaire Strauss-Kahn.

Est-il nécessaire d’exhiber ses différences ?

Le fait est que s’il est possible d’en tirer avantage, il n’y a pas de raison. Par exemple, on exhibe sa carte « station debout pénible » dans le métro parce que le geste civique de se lever devant une personne handicapée ou âgée ne va pas encore de soi.

La France tolère la différence mais pas la provocation. Ce que cet internaute nous décrit là sont des provocations.

Par exemple on n’a jamais construit autant de mosquées et, soudain, un petit groupe se met prier dans la rue suivi de beaucoup d’autres et a situation se reproduit dans 6 villes, de préférence à où sont les plus vastes mosquées du pays. A Epinay, dans le 93, le maire a payé des deniers de l’état (alors qu’il n’en avait pas le droit), les musulmans n’en ont pas voulu et préfèrent prier dans la rue dirigés par un imam dont la formation, selon l’équipe municipale, laisse à désirer

On perçoit bien aussi, la demande de visibilité des communautés musulmanes depuis 1980, c’est à dire depuis la diffusion du salafisme. Prier « dans la rue » est tout à fait possible, occasionnellement, pour une fête d’importance, après avoir obtenu une autorisation préfectorale. Mais là n’est pas le modèle de ces prières dans la rue où l’on se rend en car. Il s’agit plutôt de marquer un territoire dans lequel « les autres » ne peuvent plus pénétrer.

En revanche, il n’y a pas de doute qu’il s’agit d’une exhibition pour en obtenir un avantage. On occupe la chaussée sans autorisation, puis, quand les pèlerines passent, on se lamente partout qu’on est victime de discrimination Ainsi s’invente une « islamophobie »qui n’existerait pas si ses victimes n’en étaient pas les organisatrices

Pour le reste, tolérer n’est pas « tout permettre » ; il faut bien sûr faire une différence entre

  • * »se couvrir les cheveux« , à savoir se mettre un foulard au pliage réglementaire diffusé en Europe depuis la révolution khomeyniste et « se couvrir entièrement visage et mains compris »

  • pouvoir « manger halal » et imposer la nourriture halal au travers d’une chaîne de fast-food ou exiger que les cuisines scolaires soient doublées pour en réserver une à la cuisine halal en sorte qu’elle ne soit pas rendue « impure » par le contact avec la nourriture « des autres« 

La France libre et démocratique supporte très bien la différence mais pas du tout qu’une minorité impose ses choix religieux à une majorité qui n’en a rien à faire. L’idée que se fait la France laïque de la liberté démocratique est que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres alors que l’idée de la liberté que se fait ce militant salafiste est que sa liberté à lui n’est pas complète tant que celle de l’autre n’est pas abolie.

La liberté et la démocratie c’est aussi la possibilité de ne pas subir les choix d’une minorité de salafistes.

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