Faut-il effacer l’autre pour trouver sa place ?

Un internaute déclare :

Croyez-vous que l’islam est une nouvelle religion? d’après le coran tous les prophètes qui ont vécu avant Mohamed étaient musulmans depuis Adam (SAW )et leur message était le même:il n ‘y a qu’un seul Dieu.

Cette déclaration met exactement le doigt sur la différence à faire entre la doctrine religieuse et la vérité, ici historique. Elle repose sur un sophisme : qu’il y ait 1 seul D.ieu implique-t-il qu’une seule religion en découle ?

L’islam a employé un argument similaire à celui du christianisme, qui affirmait que les anciens Hébreux et leur prophètes voyaient à l’avance le Christ dans leurs actes et leur histoire. De la même façon, les apologistes musulmans ont élaboré l’idée selon laquelle l’humanité est originellement musulmane, tout homme naît naturellement musulman, et que l’éducation religieuse fait oublier à chacun cet islam naturel et inné. La prédication de Mahomet n’est donc, selon eux, qu’un retour aux sources de la vraie religion, adultérées par les fausses croyances inventées par les hommes. Par ce tour de passe-passe, l’islam se présente comme la religion originelle, mais va plus loin que le christianisme, puisqu’il interdit carrément la lecture de la Bible à des fins de vérification, alors que les apologistes chrétiens s’étaient contentés de substituer leur version de la Bible à la version première.

Les musulmans quand ils jouent sur les mots, affirment que tous les prophètes étaient musulmans au sens confessionnel de la chose, s’étonnant que l’islam soit considéré comme une nouvelle religion, même s’il ne fait pas de doute que tous les prophètes étaient soumis à D.ieu…. quoique Jonas se fasse forcer la main.

Affirmer que tous les prophètes avant Mahomet étaient musulmans au sens confessionnel sert à résoudre une aporie musulmane. Dans l’herméneutique musulmane, « plus c’est ancien, plus c’est authentique » et « méfiez vous des innovations » .

Pas de chance pour l’islam qui n’est QUE le troisième monothéisme, autant dire une religion récente , c’est à dire une innovation dans sa totalité. L’affirmation que tous les prophètes précédent Mahomet sont musulmans sert donc à contourner ce constat déprimant.

Appuyée sur Saint-YouTube,1 à savoir sur une vidéo postée par un prêcheur d’occasion, autant dire que ton affirmation est descendue en plein vol ! Cela a autant de solidité que les affirmations de l’annonce de Mahomet dans les écritures des autres religions ou que l’islam « corrige » les autres religions : du vent ! Cela transforme ‘islam en une simple religion identitaire. S’il s’agit de revendiquer un universalisme à l’islam, il est douteux d’ y parvenir en effaçant les autres religions par une affirmation doctrinale qui ne tient pas compte de la réalité ; il y a eu d’autres religions avant l »islam et d’autres religions sont venues après.

L’islam date historiquement du VII°s, considéré aujourd’hui comme la fin de l’Antiquité plutôt que comme le début du Moyen-Age. Il est né d’autres religions depuis lors, comme le Sikhisme, le Jaïnisme, le Bahaïsme et de nouveaux groupes religieux sont apparus aussi dans les religions déjà établies : ainsi les variétés diverses du Chi’isme en islam ou du Protestantisme dans le christianisme sont nées après l’islam.

L’islam a certainement de quoi se bâtir une théologie des religions plus convaincante dans un monde pluriel. L’unité transcendante des religions, par exemple, est une doctrine présente dans la tradition musulmane depuis longtemps. 

notes

1Le propos s’appuyait sur la video « The signs« , un monument de prosélytisme au ras des pâquerettes

Bibliographie

John Hick, God has many names

Daniel Sibony, Les trois monothéismes

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euphémisme radical

La liberté des uns s’arrête-t-elle où commence celle des autres ?

Un internaute se plaint de la restriction des libertés religieuses en France dans les termes suivants :

Pourquoi la France libre et démocrate ne tolère plus la différence?

Que les gens prient dans les rues, que les femmes couvrent leurs cheveux, que les gens mangent Halal, qu’est ce qui pourrait dans tout ça ternir l’image de la France ? finalement n’est ce pas qu’en laissant s’exhiber les différences qu’on peut se vanter de les tolérer?

Saisissant ! Extrait de son contexte, on en viendrait à croire que notre beau pays est complètent replié sur lui-même, qu’il h’y a plus de modistes, qu’il n’y a plus d’échanges culturels, qu’on n ‘y n’apprend plus les langues étrangères et que toutes les « Alliances françaises » ont été fermées.

On va réintroduire un peu de contexte.

L’auteur de ces remarques est un internaute marocain ; il n’a jamais traversé la Méditerranée pour se rendre compte par lui-même. Dans ce cas précis, « que les femmes couvent leurs cheveux » ne signifie pas le retour des chapeaux dans la mode féminine mais que les femmes se couvrent d’un voile islamique ou d’un niquab.

Comme nombre d’activistes salafistes, il feint de croire que :

*l’interdiction du voile à l’école,

*l’interdiction de porter un niqab ou un casque intégral dans l’espace public

équivalent à une interdiction totale du voile musulman en France.

On peut lui préciser ce dont il retourne, il n’en démordra pas.

L’interdiction du niqab ternit-elle l’image de la France ? On peut aussi envisager la chose d’un autre point de vue que « religieux » et considérer que nous avons 40 ans de luttes féministes derrière nous et nous n’avons pas l’intention de laisser une minorité revenir là-dessus d’autant que la situation n’est pas encore idéale tant sur l’égalité des salaires que sur les dérapages verbaux d’une certaine classe médiatique à l’occasion de l’affaire Strauss-Kahn.

Est-il nécessaire d’exhiber ses différences ?

Le fait est que s’il est possible d’en tirer avantage, il n’y a pas de raison. Par exemple, on exhibe sa carte « station debout pénible » dans le métro parce que le geste civique de se lever devant une personne handicapée ou âgée ne va pas encore de soi.

La France tolère la différence mais pas la provocation. Ce que cet internaute nous décrit là sont des provocations.

Par exemple on n’a jamais construit autant de mosquées et, soudain, un petit groupe se met prier dans la rue suivi de beaucoup d’autres et a situation se reproduit dans 6 villes, de préférence à où sont les plus vastes mosquées du pays. A Epinay, dans le 93, le maire a payé des deniers de l’état (alors qu’il n’en avait pas le droit), les musulmans n’en ont pas voulu et préfèrent prier dans la rue dirigés par un imam dont la formation, selon l’équipe municipale, laisse à désirer

On perçoit bien aussi, la demande de visibilité des communautés musulmanes depuis 1980, c’est à dire depuis la diffusion du salafisme. Prier « dans la rue » est tout à fait possible, occasionnellement, pour une fête d’importance, après avoir obtenu une autorisation préfectorale. Mais là n’est pas le modèle de ces prières dans la rue où l’on se rend en car. Il s’agit plutôt de marquer un territoire dans lequel « les autres » ne peuvent plus pénétrer.

En revanche, il n’y a pas de doute qu’il s’agit d’une exhibition pour en obtenir un avantage. On occupe la chaussée sans autorisation, puis, quand les pèlerines passent, on se lamente partout qu’on est victime de discrimination Ainsi s’invente une « islamophobie »qui n’existerait pas si ses victimes n’en étaient pas les organisatrices

Pour le reste, tolérer n’est pas « tout permettre » ; il faut bien sûr faire une différence entre

  • * »se couvrir les cheveux« , à savoir se mettre un foulard au pliage réglementaire diffusé en Europe depuis la révolution khomeyniste et « se couvrir entièrement visage et mains compris »

  • pouvoir « manger halal » et imposer la nourriture halal au travers d’une chaîne de fast-food ou exiger que les cuisines scolaires soient doublées pour en réserver une à la cuisine halal en sorte qu’elle ne soit pas rendue « impure » par le contact avec la nourriture « des autres« 

La France libre et démocratique supporte très bien la différence mais pas du tout qu’une minorité impose ses choix religieux à une majorité qui n’en a rien à faire. L’idée que se fait la France laïque de la liberté démocratique est que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres alors que l’idée de la liberté que se fait ce militant salafiste est que sa liberté à lui n’est pas complète tant que celle de l’autre n’est pas abolie.

La liberté et la démocratie c’est aussi la possibilité de ne pas subir les choix d’une minorité de salafistes.

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Double langage chez les Témoins de Jéhovah

Tout le monde sait que les Témoins de Jéhovah refusent les transfusions sanguines. Cela conduit la médecine à déplorer des décès qui auraient pu être évités.

Toutefois, en 1961, les Témoins de Jéhovah ont admis l’utilisation de produits dérivés du sang ; cette décision a amélioré la situation des malades. Officiellement, l’organisation a continué d’affirmer que sa doctrine sur le sang n’avait pas changé, malgré de nombreuses évolutions introduites telle celle sur la transplantation d’organes.

Il existe une association des Témoins de Jéhovah pour une réforme des directives dur le sang, (Associated Jehovah’s Witnesses for Reform on Blood ) autant dire des dissidents qui agissent avec une prudence de sioux.

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Le voile, le niqab et la burka ne sont ils que des « tenues vestimentaires » ?

Avec les séances de la commission parlementaire sur la burka, Des groupes arabo-musulmans demandent si « c’est bien le rôle d’un gouvernement de s’occuper de détails vestimentaires » et d’embrayer sur la critique d’une « pseudo-laïcité » et sur les lamentations sur l’entrave aux droits de l’homme que représenterait une législation sur ce thème. Si les questions de Burka , de voile ou de niqab n’étaient qu’une affaire de « tenue vestimentaire« , on ne verrait pas ces musulmans et eux seuls monter aux créneaux pour défendre ces accessoires de mode. Si l’on peut mettre une femme pour tenir ce discours, c’est encore plus chic ; certaines, souvent des converties, parlent de « haine du voile » de la part des « occidentaux » là où une réelle analyse devrait trouver une expression plus exacte comme « interrogation sur le voile et sur la ségrégation visuelle des femmes dans l’espace public » .

On peut donc dire que l’allégation « tenue vestimentaire » est un euphémisme destiné à banaliser et camoufler une préoccupation politique : marquer les femmes musulmanes dans l’espace public et montrer, par là, les limites d’un territoire virtuel quoique communautaire . Or, ce territoire n’est pas anodin : il s’agit de celui de l’islamisme, c’est à dire du fondamentalisme musulman.
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Loi sur le Blasphème au Pakistan

Le Comité central du Conseil Œcuménique des Églises réuni à Genève du 26 août au 2 septembre 2009 a publié un appel public adressé au gouvernement du Pakistan, lui demandant de « garantir les droits de toutes les minorités religieuses du pays« . Il précisait que la section du code pénal de ce pays prévoit la peine de mort pour quiconque est jugé coupable de blasphème.

Le Conseil Œcuménique considère que cette loi est devenue « une occasion majeure de victimisation et de persécution » des minorités religieuses qui vivent « dans un état de crainte et de terreur ».

Selon « Aide à l’Eglise en Détresse« , cette loi serait instrumentalisée par les extrémistes et la communauté catholique du Pakistan a annoncé un deuil de 3 jours, le 3 août, quand 3 chrétiens ont été brûlés vifs ans la province du Pendjab par un groupe de musulmans qui accusait les chrétiens d’avoir blasphémé le Coran

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